19.9.06

Sholay (1975) - Le western culte

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Plongée dans les 70s avec ce film étonnant que l'éditeur du DVD qualifie de "western curry". J'ignore si l'expression est d'usage courant, mais elle qualifie bien la chose : tous les ingrédients d'un western traditionnel, une forte pincée d'ironie qui rappelle les westerns spagetti, et bien sûr des chants et des danses. Le tout est extrêmement divertissant et comparable en qualité aux films de Sergio Leone.

Sur les épaules de Jay Veeru improvise un petit air à l'harmonica

Un petit rappel historique pour commencer : Sholay sort en Inde en 1975 et ne rencontre tout d'abord que peu de succès : le film est jugé trop violent, trop original. Fort heureusement sa musique devient néanmoins rapidement populaire, et finit par inciter les Indiens à aller voir le film. Celui-ci reste finalement à l'affiche cinq ans, bat tout les records au box-office, et aujourd'hui encore les meilleures de ses répliques sont connues de tous les Indiens. C'est en outre Sholay qui a fait d'Amitabh Bachchan une star.

Celui-ci joue Jay, l'un des deux héros. Jay et Veeru (Dharmendra) sont deux jeunes et sympathiques outlaws qu'un ancien officier de police devenu propriétaire terrien engage pour capturer l'infame bandit qui terrorise la région, le vraiment très méchant Gabbar Singh . Veeru, dragueur invétéré, tombe sous le charme d'une jolie conductrice de carriole, la bavarde Basanti, tandis que Jay aimerait bien en apprendre un peu plus sur la jeune femme silencieuse qui loge chez son employeur.

cactus, train et bandits à cheval

Cet aperçu du scénario montre bien le mélange des genres qu'opère le réalisateur Ramesh Sippy. D'un côté ce film a tout du western : les grands thèmes (vengeance, question de la loi...) comme les topoï (attaque de train, fusillade, poursuite à cheval, pont que l'on fait exploser à la dynamite, arrivée de la cavalerie juste à temps...). Il faut dire que le scénario s'inspire des Sept mercenaires et d'Il était une fois dans l'ouest. L'influence de Sergio Leone est d'ailleurs perceptible dans d'autres aspects du film : soin porté à une musique résolument moderne, durée des plans, travail sur le cadrage, et même jeu des acteurs (celui d'Amitabh Bachchan n'est pas sans rappeler celui d'Eastwood, période Le bon, la brute et le truand)...

Mais comment construire une tension semblable à celle des films de Sergio Leone, qui se développe jusqu'au duel final, quand les personnages s'arrêtent à tout bout de champ pour pousser la chansonnette? Sholay y parvient tout d'abord en intégrant parfaitement au film les danses, qu'elles jouent un rôle dans la structure dramatique du film (comme la danse de Basanti au campement de Gabbar, cf. photo ci-dessous) ou qu'elles servent de comic relief, en jouant du contraste (la fête de Holi interrompue par une attaque), mais aussi en travaillant le rythme (les morceau musicaux ne durent pas une seconde de trop), et surtout en faisant passer dans les chorégraphies le naturel et la légéreté avant l'esbrouffe. La musique, qui évoque par moment celle d'Ennio Morricone, s'appuie sur les bruits et les rythmes du film (celui de la carriole de Basanti, par exemple).

Moment de grande tension : sous la menace des hommes de Gabbar, Basanti danse pour sauver Veeru

Certaines danses sont de grands moments comiques, mais ce ne sont pas les seuls de Sholay. Le discours que fait Veeru du haut de la citerne, passablement ivre et désespéré de ne pouvoir épouser Basanti, sur un thème pourtant potentiellement tragique, est l'un des passage les plus drôle du film. Il explique dans un anglais très approximatif à la foule que tous les amoureux désespérés finisse par commettre a suicide, mot auquel les villageois donne un sens bien particulier, et qu'il compte bien en faire autant, mais il ne cesse de retarder son passage à l'acte, jusqu'à faire enfin cèder la tante de Basanti.

Jay n'intervient pas au cours de cette scène. Assis au pied s'une maison, il semble bouder. Il a en effet tout tenter pour empêcher ce mariage (et ces sabotages successifs constituent un autre ressort comique efficace). Version officielle : il ne veut pas que Veeru se range et rompe leur collaboration. Sholay est cependant suffisamment ambigu (surtout vu d'occident, où l'amitié ne s'exprime pas de la même façon) pour que certains aient pu imaginer une relation homosexuelle entre les deux compères. Amour ou profonde amitié, leur relation est en tout cas difficile à oublier et prend en charge l'essentielle de la dimension "sentimentale" du film. La chanson qui la célèbre est d'ailleurs la plus connue du film.

Jay tire plus vite que son ombre, et sabote tout aussi vite les efforts de son pote pour impressionner Basanti

L'objectivité exige que je signale aussi les quelques défauts du film. Je n'en vois que deux : le comique de répétition assez lourd de la scène de la prison, et un affrontement final entre Gabbar et sa victime un peu trop long (en outre l'intervention de la censure y est manifeste).

10.9.06

Dil Se (1998)

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Une histoire d'amour impossible, des chorégraphies, des chants, Shah Rukh Khan : à priori, les ingrédients sont ceux de n'importe quel drame bollywood. Et pourtant Dil se, tout en étant profondément indien, n'a pas grand chose à voir avec l'image que l'on se fait habituellement de Bollywood.
SRK est Amar, reporter envoyé par la radio All India dans une région frontalière pour enquêter sur l'état d'esprit des populations à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'indépendance de l'Inde. Bien décider à comprendre les motivations de tous les Indiens, il part dans la jungle interviewer des activistes.
Au cours de son voyage, il rencontre à plusieurs reprises une jeune femme silencieuse dont il tombe vite amoureux (et ce love at first sight est la seule concession du scénariste aux topoï du genre), mais qui semble prête à tout pour qu'il cesse de la suivre.


Amar finit par se résoudre à oublier cette inconnue. Mais quand celle-ci, de passage à Delhi et sans ressource vient lui demander de l'aide, Amar, si obstiné lorsqu'il s'agit d'interviewer un leader terroriste, ne semble pas vraiment vouloir découvrir les raisons de ce soudain changement d'attitude à son égard.
Le spectateur accompagne Amar dans sa découverte d'une région au climat hostile et à la population peu accueillante. Les décors (quai de gare sombre et glacial, désert, montagne...) sont aussi loin des champs de fleurs de Veer-Zaara que des palais de Devdas.

Cette ambiance fait vite comprendre que le début du scénario, proche, quand on le résume, de celui d'une comédie romantique (toutes les tentatives de l'amant éperdu échouent devant le dedain de sa belle), n'est qu'un leurre et Amar apprend à ses dépends que la pauvreté et la guerre ne laisse que peu de place au romantisme. Mani Ratnam s'emploie par ailleurs à détourner les éléments récurrents des histoires d'amour bollywoodiennes. Meghna laisse entendre qu'elle est mariée, puis que sa famille s'opposerait à une union avec un homme originaire d'une autre région, mais ce ne sont que mensonges. Le véritable obstacle à leur amour est bien plus difficile à surmonter, et le triomphe final de la passion est loin d'être assurer.

Une image de la chanson Dil se re, très représentative de l'esthétique du film : l'émotion n'est pas assénée, il faut la découvrir derrière une façade plus austère que dans d'autres films

Il faut dire que Dil se n'idéalise pas l'amour. Celui-ci, fort et violent, n'en est pas pour autant tout-puissant. Bien qu'il aime Meghna "du fond du coeur" (traduction du titre), Amar comprend bien que ce sentiment n'a rien de raisonnable et accepte un mariage arrangé, tandis que Meghna refuse d'emblée d'éprouver le moindre sentiment pour Amar, et s'enfuit lorsqu'elle sent que sa résolution commence à faiblir. Mani Ratnam à en outre l'ambition de livrer une peinture de l'amour qui s'inspire de la tradition arabe évoquée par l'une des chansons et par le titre: l'amour "Dil se " est le septième et dernier degrès de la passion. C'est dire si on est loin de l'image monolithique de l'amour habituellement présentée!
Ce souci de réalisme et de nuance se retrouve dans le caractère des personnages. Amar est loin d'être parfait, il n'est pas l'habituel "héros de l'amour". Il est certes prêt à mettre sa vie en danger pour sauver Meghna, mais celle-ci est par certains aspects plus forte que lui. Amar sent que Meghna lui cache quelque chose d'important mais accepte bien facilement que celle-ci refuse de répondre à ses questions, persuadé qu'il est que l'amour peut tout arranger, attitude bollywoodienne par excellence dont le caractère illusoire apparaît clairement . Cet aveuglement, que seules de douloureuses mésaventures parviennent peu à peu à estomper, le précipite dans la tragédie. En outre sa tolérance et sa compassion ne sont pas sans limites : il ne supporte pas que l'on critique l'armée, dans laquelle son père était officier. Shah Rukh Khan prouve qu'il peut être un très bon acteur lorsqu'on lui propose des rôles consistants et exprime très bien toutes les nuances de son personnage.

Tandis que Preeti cherche à attirer son attention, Amar monte son reportage sur le bilan des cinquante ans d'indépendance.
Les extraits d'interviews qui constituent la bande-son sont un véritable réquisitoire contre la politique de l'Inde dans les régions reculées.

Le rôle de Meghna (interprété par une actrice que je ne connaissais pas, Manisha Koirala) est lui aussi tout en finesse. Cette jeune femme, qui se croit destinée à la mort et à la haine et ne perd jamais de vue le but qu'elle s'est fixé semble néanmoins vaciller devant l'amour d'Amar. Manisha Koirala laisse transparaître la souffrance de cette femme qui comprend que seule l'amour pourrait la sauver de la violence, mais se refuse cependant à y céder.


A la mort et à la haine incarnées Meghna fait contrepoint la figure de la jolie Preety (Preity Zinta) , la fiancée d' Amar. Celle-ci est aussi franche que Meghna est secrète (elle n'hésite pas à questionner Amar sur ses expériences sexuelles), aussi libre que celle-ci se sent prisonnière de ses engagements.
Tout le film baigne dans une ambiance de tension et de violence. La violence de la guerre, dès les premières images, celle de l'amour et du désir exprimée par de brusques éruptions de couleurs vives dans les chorégraphies (qui permettent d'apprécier la qualité de la photographie), sont servies par une mise en scène intelligente et sobre (pas de frime, pas de complaisance douteuse). Les scènes d'action qui ponctuent la montée de la tension sont pour une fois crédibles.


Les passages musicaux respectent ce climat général. La musique moderne et originale d'A. R. Rahman est à juste titre célèbre (notamment la chanson "Chaiyya Chaiyya" reprise par Spike Lee dans Inside Man). Les chorégraphies sont impressionnantes, et les mises en image constamment inventives. La plupart d'entre elles semblent exprimer les pensées et les rêves des personnages. Ainsi, dans "Dil se re", Amar s'imagine sauvant Meghna par la seule force de son amour et l'arrachant à la violence, avant de se réprésenter vivant avec elle, entouré d'innombrables enfants. Si la chorégraphie de "Jiya Jale" surprend un peu, elle peut néanmoins s'expliquer comme une dernière ode à la vie et au désir avant la violence des dernières séquences.


Chaiyya Chaiyya

Enfin, et surtout, Mani Ratnam refuse tout manichéisme, et livre une réflexion intéressante sur la liberté à travers la mise en parallèle des attitudes de Meghna et de Preety face aux contraintes sociales.




Index

2 commentaires
Récapitulatif des critiques déjà publiées et à venir.


* * * * * excellent
* * * * très bon
* * * bon
* * bof
* mauvais

étant donné l'importance de la musique dans le cinéma indien, j'ai évalué celle-ci entre parenthèses pour la plupart des films. La couleur rouge indique les musiques qui me paraissent incontournables.
Les films sont classés selon leur titre original ; s'il existe, le titre français est donné entre parenthèses.

langues :

A : Anglais
B :Bengali
M : Marathi
Mal. : Malayalam
T : Tamoul
Te : Telugu

pas de lettre : Hindi

3 Deewarein * * * *
3 Idiots * * *1/2 (mus. 3/5)
7am Arivu * * * 1/2 (mus. 2/5) T
1947 : Earth * * * * 1/2 (mus. 5 /5) A
1971 * * * 1/2


A Wednesday
* * 1/2
Aa Gale Lag Jaa * * * * (mus. 4/5)
Aaja Nachle * * * (mus. 3,5/5)
Aalavandhan * * * 1/2 (mus. 3,5/5) T
Aamir * * 1/2 (mus. 5/5)
Aan (Mangala fille des Indes) * 1/2
Aar Paar * * 1/2 (mus. 4/5)
Abhijan (L'Expédition) * * * * * B
Agneepath (2011) * * * 1/2 (mus.4,5/5)
Ajantrik - l'Homme-auto * * B
Alai Payuthey * * * * (mus. 4/5) T
Allah ke bande * * (mus. 3/5)
Amar Akbar Anthony * * * 1/2 (mus 4/5)
Anaganaga O Dheerudu * * 1/2 (mus. 2,5/5) Te
Anbe Sivam * * * * (mus. 2/5) T
Andaz * * *
Aparajito * * * B
Apur Sansar (Le Monde d'Apu) * * * * * B
Aranyer Din Ratri (des jours et des nuits dans la forêt) * * * * B
Ardh Satya * * * 1/2
Arohan * 1/2
Arundhati * * * (mus. 3/5) Te
Asambhav *
Ashani Sanket (Tonnerres lointains) * * * 1/2 B
Asoka * * * (mus. 5/5)
Athadu * * * 1/2 Te
Awaara * * * * * (mus. 4/5)
Ayan * * * 1/2 T (mus. 3/5) T
Ayitha Ezhuthu * * * 1/2 (mus. 2/5) T
Azhagi 4/5 T


Baabul * * (mus. 1/5)
Baadshah * * * (mus. 1/5)
Baazigar * * * (mus. 3/5)
Bandini * * * 1/2 (mus. 3,5/5)
Bahu ki Awaaz *
Barah Aana * * *
Bazaar * 1/2 (mus. 4/5)
Beta * * * (mus 3/5)
Bhool Bhulaiyaa * * (mus. 2,5/5)
Bhumika * * * * 1/2
Billa * * 1/2 (mus. 1/5) (Te)
Billa 2 * 1/2 T
Billu * * 1/2 (mus. 1,5/5)
Black * * *
Bobby * * *
Bombay * * * * *(mus. 4/5) T
Bombay Boys * * A
Bombay Talkie * * * 1/2 A
Bride and Prejudice (Coup de foudre à Bollywood) * * (mus. 1/5) A
Buddha Hoga Tera Baap (mus. 1/5) * * * 1/2
Bujjigadu * * * * (mus. 3/5) (Te)
Bunty aur Babli * * (mus. 4/5)


Chaahat * * (mus 2/5)
Chak de ! India * * * * * (mus. 2/5)
Chalte Chalte * * (mus. 2/5)
Chalti Ka Naam Gaadi * * * 1/2 (mus. 3,5/5)
Chamatkar * 1/2 (mus. 1,5/5)
Charulata * * * 1/2 B
Chatrapathi * * * * (mus. 4/5) Te
Chaudhvin Ka Chand * * * 1/2
Cheeni Kum * * * 1/2 (mus. 4/5)
China Gate * *
Chingari * *
Chokher Bali * *
Chori Chori Chupke Chupke * 1/2 (mus. 3/5)

Daava * (mus.0,5/5)
Dabangg * * 1/2 (mus. 3/5)
Damarukam * * * * Te
Darr * * (mus. 2.5/5)
Dasavatharam * (mus. 0,5/5)
Deevaar * * * * * (mus. 3/5)
Deewana * * 1/2 (mus. 2/5)
Delhi Belly * * * * 1/2 (mus. 5/5)
Devdas (1955) * * *
Devdas * * * 1/2 (mus. 5/5)
Dev D * * * * (mus. 5/5)
Devi * * B
Dharam Veer * * * 1/2 (mus. 3,5/5)
Dhool * * * (mus. 4 /5) T
Dhoom *1/2 (mus. 1/5)
Dhoom II * *1/2 (mus. 2/5)
Dil Bole Hadippa * 1/2 (mus. 2 /5)
Dil Chahta Hai * * * * 1/2 (mus. 5/5)
Dil Dosti Etc *
Dil Kya Kare * 1/2 (mus 2/5)
Dil Se * * * * * (mus. 5/5)
Dil To Pagal Hai * * (mus. 3/5)
Dilwale Dulhania Le Jayenge * * * * (mus. 5/5)
Disco Dancer * * * 1/2 (mus. 3/5)
Do Bigha Zamin * * * * 1/2
Don (1978) * * (mus. 4/5)
Don (2006) * * * (mus. 3/5)
Dor * * * * * (mus. 4/5)
Dostana * * * 1/2 (mus. 3,5/5)
Droh Kaal * * * *
Dulha mil gaya * * 1/2 (mus 3,5 /5)
Duplicate * * (mus. 3/5)
Dus * (mus 1/5)

Eeshwar (te) ?? (mus. 3,5/5)
English Babu Desi Mem * * * (mus. 3/5)
English Vinglish * * * 1/2 (mus. 1,5/5)
Ek Duuje Ke Liye * * (mus. 3/5)
Ek Ghar * * * 1/2
Ek Haseena Thi * * *
Ek Niranjan * * * 1/2 (mus. 2 /5) Te

The Fall (film américain)
Fanaa * * 1/2 (mus. 4/5)
Firaaq * * * *
Fire * * *
Fiza * * (mus. 3/5)
Four Women (Naalu Pennungal) * * * * Mal.

Gabhricha Paus (Maudite Pluie) * * * 1/2 M
Gandhi My Father * * * 1/2
Gangs of Wasseypur - part 1 &2  * * * * 1/2
Geraftaar * *
Ghajini * * * 1/2 T
Ghilli * * * * T (mus. 4 /5)
Ghulami * *
Gitanjali (Idhayathai Thirudathe) * * * 1/2 (mus 3/5) Te
Godhuli * * * *
Golmaal * * * * 1/2
Good Boy Bad Boy * (mus. 1/5)
Guddu * (mus. 1/5)
Guide * * * * 1/2 (mus. 5/5)
Guna * * * (mus. 4/5) T
Guru * * 1/2 (mus. 3/5)


Haathi mere Saathi * * 1/2
Halla Bol * * 1/2 (mus. 4,5/5)
Hangman (The) * *
Harishchandrachi Factory * * * * M
Hero Hiralal * * 1/2 (mus. 4/5)
Hey Ram * * * * * (mus. 3/5) T / hindi
Hirak Rajar Deshe (Le Royaume des diamants) * * (mus. 4/5) B
Honeymoon Travels Pvt. Ltd. * * * 1/2 (mus. 3,5/5)
Hum Aapke Hai Kaun * * (mus. 4/5)
Hum Dil De Chuke Sanam * * 1/2 (mus. 3/5)
Humraaz * (mus. 2/5)
Hum Tum * * (mus. 1.5/5)
Hum Tumhare Hain Sanam * 1/2 (mus. 3/5)

I Am * * * 
Ijaazat * * 1/2
In custody * * * * * (mus. 4/5) Ou/hindi
Indian * * 1/2 (mus. 5/5) T
Iqbal * * * 1/2 (mus. 2,5/5)
Iruvar * * * * * (mus. 4/5) T
Ishqiya * * * 1/2 (mus. 4/5)

Jaane bhi do yaaron * * * * 1/2
Jaane Tu Ya Jaane Na * * 1/2 (mus. 2,5/5)
Jab We Met * * * 1/2 (mus. 4 /5)
Jalsaghar (le salon de musique) * * B
Jalwa * * *
Jewel Thief * * * 1/2 (mus. 5/5)
Jhoom Barabar Jhoom * * * (mus. 3/5)
Jodhaa Akbar * * 1/2 (mus. 5/5)
Johnny Gaddaar * * * 1/2 (mus. 4/5)
Joi Baba Felunath (Le Dieu Eléphant) * * * * B
Josh * * * (mus. 2/5)


Kaakha Kaakha * * * 1/2 (mus. 2,5/5) T
Kaadhal * * * * (mus 3/5) T
Kaagaz ke Phool * * * *
Kaala Patthar * * *
Kabhi Alvida Naa Kehna* * (mus. 2/5)
Kabhi Haan Kabhi Naa * * * 1/2 (mus. 2.5/5)
Kabhi Kabhie *1/2 (mus. 3/5)
Kabhi Khushi Khabie Gham (La Famille Indienne)
* * *1/2 (mus. 4/5)
Kadhal Kondaen * * * 1/2 T
Kalaba Kadhalan * * (mus. 3,5/5) T
Kal Ho Naa Ho (New-York Masala) * * * * (mus. 2.5/5)
Kanchivaram * * * * T
Kandukondain Kandukondain * * * * * (mus. 4/5) T
Kannathil Muthamittal * * * * (mus. 5/5) T
Karan Arjun * 1/2 (mus. 2/5)
Karma
Karthik Calling Karthik * * * (mus. 1,5/5)
Karz * * * * (mus. 4/5)
Kathapurushan * * * 1/2 Mal.
Kati Patang * * * 1/2 (mus. 4/5)
Khamosh * * * 1/2
Khandhar * * *
Khoya Khoya Chand * * 1/2 (mus 3/5)
King Uncle * (mus 1,5/5)
Kisna * * * 1/2 (mus. 5/5)
Khuda Ke Liye * * * * (mus. 4/5) (film pakistanais)
Koyla * * * (mus.3/5)
Krrish * * 1/2 (mus. 1/5)
Kshana Kshanam * * * * (mus. 3,5/5) Te
Kuch Kuch Hota Hai * * * 1/2 (mus. 3/5)
Kuhkhal - The Price of Freedom (assamais) * * *

Laage Chunari Mein Daag * * *
Laawaris * * 1/2 (mus. 3/5)
Lagaan * * * (mus. 4/5)
Lage Raho Munna Bhai * * * (mus. 3 /5)
Lakshya * * *
Leader * * * Te
The Legend of Bhagat Singh * * (mus. 4/5)
Little Terrorist * * * *
London Dreams 1/2 (mus. 4 /5)
Lootere * * 1/2
Luck By Chance * * * 1/2 (mus. 4/5)

Madhumati * * * * 1/2 (mus. 5/5)
Madrasapattinam * * * 1/2 (mus.4/5) T
Magadheera * (mus. 0,5 /5) Te
Maharathi * * * 1/2
Main Hoon Na * * * * (mus. 2 /5)
Majunu * * * * (mus 4/5) T
Masoom * * * * 1/2 (mus. 5/5)
Mandi * * * *
Mangal Pandey * * * * (mus . 4/5)
Maqbool * * * *
Mayavi * * * (mus. 3,5/5) T
Mere Brother ki dulhan * * * 1/2 (mus. 4,5/5)
Mirch Masala * * 1/2
Mirza Ghalib (Feuilleton TV) * * *
Mission Kashmir * * 1/2 (mus. 2.5/5)
Mississippi Masala * * * * 1/2
Mithya * * * *
Mr & Mrs 55 * * * 1/2 (mus. 5/5)
Mr & Mrs Iyer * * * 1/2 A
Mr Medhavi * * 1/2 (mus. 2,5/5) Te
Mohabbatein * * (mus. 4/5)
Mohra * * 1/2 (mus. 3/5)
Moksha * (mus. 3/5)
Monihara * * B
Monsoon Wedding * * * *
Mother India * *
Mughal-e-Azam * * * (mus. 4/5)
Mujhse dosti karoge ! * * * 1/2 (mus. 3/5)
Munna * * 1/2 (mus. 3/5) Te
Munnabhai M.B.B.S. * * 1/2 (mus. 1/5)
Muthu * * * 1/2 (mus. 3/5) T
My Brother ... Nikhil * * * * (mus. 3/5)
My Name is Khan * * 1/2

Naajayaz * * * 1/2 (mus. 3/5)
The Namesake (Un nom pour un autre) * * B
Namastey London * * (mus. 1/5)
Natarang * * * 1/2 (mus. 5/5) M.
Nandha * 1/2 T
Naya Daur * * * * 1/2 (mus. 5/5)
Nayakan * * * * * (mus. 5/5) T
Nishant * * * *
Nuvvostanante Nenoddantana * * * * (mus. 5/5) Te
No Smoking * * 1/2 (mus. 3,5/5)


Omkara * * * * (mus. 4/5)
Om Shanti Om * * * * 1/2 (mus. 5/5)
One 2 Ka 4 *1/2 (mus. 3.5/5)


Paap * * * 1/2 (mus. 4/5)
Padaiyappa * * * (mus. 4/5) T
Padikkathavan (2009) * * * (mus. 1,5/5) T
Pakeezah * * (mus. 3 /5 )
Paheli * * * (mus. 5/5)
Pardes * (mus. 1.5/5)
Parineeta * * 1/2 (mus. 4/5)
Party * * 1/2
Parzania * * * 1/2 A.
Pather Panchali (La Complainte du sentier) * * * * 1/2 B
Pathinaru Vayathinile (16 Vayathinile ) * * * 1/2 (mus. 3/5) T
Pattiyal * * * * 1/2 (mus. 3/5) T
Peepli Live * * 1/2
Perazhagan * * * 1/2 (mus. 1/5) T
Pestonjee * * * * 1/2
Phir Bhi Dil Hai Hindustani * * 1/2 (mus. 2/5)
Pinjar * * *
Pithamagan * * (mus. 2/5) T
Pokiri (Te) * * * 1/2 (mus 4/5)
Postmaster * * * * * B
Pournami * * * * (mus. 4/5) Te
Pratidwandi (L'Adversaire) * * * * * B
Pukar (1939) * * 1/ 2
Pyaasa * * * * * (mus. 4/5)


Qayamat se Qayamat tak * * * * (mus. 4/5)
Queen * * * 1/2
Qurbani * * * 1/2 (mus. 4/5)

Raajneeti * * * 1/2
Rab Ne Bana Di Jodi* * * 1/2 (mus. 4/5)
Raghavendra ??? (mus. 1/5) Te
Raincoat * *
Rajkumar
Raju Ban Gaya Gentleman * * (mus. 3/5)
Raju Chacha * * * (mus 2.5/5)
Ram Jaane * * 1/2
Rang De Basanti * * (mus. 3/5)
Raavanan * * 1/2 (mus : 2/5) T
Road, Movie * * *
Rock on ! * * * * (mus. 3/5)
Roja * * *1/2 (mus. 4/5) T
Roti Kapada aur Makaan * * * 1/2 (mus. 2/5)

Saagar * * * 1/2 (mus. 4/5)
Saathiya * * * (mus. 3/5)
Saawariya * * (mus. 1/5)
Sahib Bibi Aur Ghulam * * * * * (mus.5/5)
Sadgati * * * * *
Sadma * * * * 1/2 (mus. 4/5)
Salaam Bombay! * * * 1/2
Salaam Namaste * (mus. 1/5)
Salangai Oli * * * * (mus. 3/5) T
Samapti * * * * B
Sarfarosh * * * 1/2
Sarvam * * (mus. 4/5) T
Satya * * * * (mus. 1/5)
Satyam Shivam Sundaram* * * * * (mus.5/5)
Le Serviteur de Kali (Nizhalkkuthu) * * * * 1/2 Mal.
Shaan * * * *
Shakti (Te) ????
Shakti: The Power * * 1/2 (mus. 2/5)
Shatranj Ke Khiladi (Les Joueurs d'échec) * * * * 1/2
Sheesha * 1/2 (mus. 1/5)
Shikari *
Sholay * * * * (mus. 3/5)
Shree 420 * * * ** (mus. 5/5)
Siddharta * * * (mus. 5/5 ) A (non sous-titré)
Sikandar (1941) * * * * 1/2
Sillunu Oru Kaadhal * * * T
Sing is Kinng * * (mus. 1/5)
Singam * * 1/2 (mus. 3/5) T
Sir * * (mus. 3/5)
Sita Sings The Blues (film américain)
Sivaji * * * (mus. 4/5) T
Sparsh * * * * 1/2
Suhaag ?? (mus. 3,5 /5)
Sujata * * * *
Super * * 1/2 (mus. 3/5) Te
Swades * * * * * (mus. 5/5)

Taare Zameen Par * * * * 1/2 (mus. 2,5/5
Tashan * * * 1/2 (mus. 4/5)
Teesri Manzil * * * 1/2 (mus. 4/5)
The Train * * 1/2 (mus. 4/5)
Thalapathi * * * 1/2 T
Thiruda Tiruda * * * * (mus. 3/5) T
Titas Ekti Nadir Naam - Une rivière nommée Titas * * 1/2 B

Umrao Jaan (Rekha) * * 1/2 (mus. 4/5)
Umrao Jaan (2006) * * (mus. 2 / 5 )

Vaaranam Aayiram * * * * (mus. 5/5) T
Varsham * * * * (mus. 4/5) Te
Varudu * * * 1/2 Te
Veer-Zaara * * * * (mus. 5/5)
Vel * * (mus. 3/5) T
Vettaikaran * *1/2 T
Vettaiyadu Vilaiyadu * * T
Veyil * * * 1/2 (mus. 3/5)T
Vidheyan (L'Homme servile) * * * Mal.
Vinnaithaandi Varuvaayaa * * * 1/2 T
Virumaandi * * * 1/2 T
Vishwatma * * 1/2 (mus.3/5)
Vivah * * (mus. 3/5)


The Warrior * * * 1/2
Water * * * 1/2 (mus. 4/5)
Woh 7 Din * * *

Yahudi * * * *
Yes boss * * * 1/2 (mus. 3/5)
Yogi * 1/2 (mus. 3,5 / 5) (Te)
Yuva * * * (mus. 2/5)


Zamana Deewana *1/2 (mus. 3/5)
Zinda Laash (aka Dracula au Pakistan) * * 1/2 (film pakistanais)
Zindagi Na Milegi Dobara * * * * 1/2 (mus.3,5/5)
Zubeida * * * * (mus. 3,5/ 5)


et donc, pour résumer :

excellents (* * * * *) : Abhijan (l'Expédition) ; Apur Sansar (Le Monde d'Apu) ; Awaara ; Bombay ;Chak de ! India ; Deewaar ; Dil Se ; Dor ; Hey Ram ; In Custody ; Iruvar ; Kandukondain Kandukondain ; Nayakan ; Pratidwandi (L'Adversaire); Pyaasa ; Postmaster ; Sadgati ; Sahib Bibi Aur Ghulam; Satyam Shivam Sundaram ; Shree 420; ; Swades

très bons (* * * * 1/2) : 1947 : Earth ; Do Bigha Zamin ; Bhumika ; Delhi Belly ; Dil Chahta Hai ; Gangs of Wasseypur - part 1 & 2 ;  Golmaal ; Guide ; Jaane bhi do yaaron ; Madhumati ; Mississippi Masala ; Naya Daur ; Om Shanti Om ; Pather Panchali (la complainte du sentier) ; Pattiyal ; Pestonjee ; Taare Zameen Par ; Sadma; Le Serviteur de Kali (Nizhalkkuthu) ; Shatranj Ke Khiladi (Les Joueurs d'échec) ; Sikandar (1941) ; Sparsh ; Zindagi Na Milegi Dobara

Bons (* * * *) 3 Deewarein ; Aa Gale Lag Jaa ; Alai Payuthey ; Anbe Sivam ; Aranyer Din Ratri (des jours et des nuits dans la forêt) ; Azhagi; Bujjigadu ; Chatrapathi ; Damarukam ; Dev D ; Dilwale Dulhania Le Jayenge ; Droh Kaal ; Firaaq ; Four Women ; Ghilli ;Godhuli ; Harishchandrachi Factory ; Joi Baba Felunath (Le Dieu Eléphant) ; Kaadhal ; Kaagaz ke Phool ; Kal Ho Na Ho ; Kanchivaram; Kannathil Muthamittal ; Karz ; Khuda Ke Liye ; Kshana Kshanam ; Little Terrorist; Main Hoon Na ; Majunu ; Mandi ; ; Nuvvostanante Nenoddantana ; Mangal Pandey ; Maqbool ; Masoom ; Monsoon Wedding ; My Brother... Nikhil ; Nishant ; Omkara ; Pournami ; Salangai Oli ; Samapti ; Satya ; Shaan ;Sholay ; Sita Sings the blues ; Sujata ; Thiruda Thiruda; ;Varsham ; Vaaranam Aayiram ;Veer-Zaara ; Yahudi ; Zubeida

( * * * 1/2) : 3 Idiots ; 7am Arivu ; 1971 ; Aalavandhan ; Agneepath( 2011) ; Amar Akbar Anthony ; Ardh Satya ; Arundhati ; Ashani Sanket (Tonnerres lointains) ; Athadu ; Ayan ; Ayitha Ezhuthu ; Bandini ; Bombay Talkie ; Buddha Hoga Tera Baap ; Chalti Ka Naam Gaadi; Charulata ; Chaudhvin Ka Chand; Cheeni Kum ; Devdas ; Dharam Veer ; Disco Dancer ; Dostana ; Ek Ghar; Ek Niranjan ; English Vinglish ; Gabhricha Paus (Maudite Pluie); Ghajini ; Gandhi My Father ; Gitanjali (Idhayathai Thirudathe); Honeymoon Travels Pvt. Ltd. ; Iqbal ; Ishqiya ; Jab We Met; Jewel Thief ;Johnny Gaddaar ;Kaakha Kaakha ; Kabhi Ha Kabhi Naa ;Kabhi Khushi Khabie Gham (La Famille Indienne) ; Kadhal Kondaen ; Kathapurushan ; Kati Patang ; Kisna ; Khamosh ;Kuch Kuch Hota Hai ; Luck By Chance ; Madrasapattinam ; Maharathi ; Mere Brother ki dulhan , Mr & Mrs Iyer ; Mithya ;Mujhse dosti karoge ! ;Muthu ; Naajayaz ; Natarang; Paap; Parzania ; Pathinaru Vayathinile (16 Vayathinile); Perazhagan ; Pokiri ; Queen ; Qurbani ; Raajneeti ; Rab Ne Bana Di Jodi ; Roja ; Roti Kapada aur Makaan ; Saagar ; Salaam Bombay! ; Sarfarosh ; Tashan ;Teesri Manzil ; Thalapathi ; The Warrior ; Varudu ; Veyil ; Vinnaithaandi Varuvaayaa ; Virumaandi; Water ; Yes Boss;


Pas mal (* * *) : Aaja Nachle ; Andaz ; Aparajito ; Arundhati ; Asoka ; Baadshah ; Baazigar ; Barah Aana ; Beta ; Black ; Bobby ; Chalte Chalte ; Don (2006) ; Devdas (1955) ; Dhool ; Ek Haseena Thi ; English Babu Desi Mem ; Fire ;  Guna ;I Am ; Kaala Patthar ; Jalwa ; Jhoom Barabar Jhoom ; Josh ; Karthik Calling Karthik ; Khandhar ; Koyla ; Kuhkhal - The Price of Freedom ; Laaga Chunari Mein Daag ; Lagaan ; Lage Raho Munnabhai ; Lakshya ; Leader ; Mayavi ; Mirza Ghalib (TV) ; Mr & Mrs 55 ; Mughal-e-Azam ; Padaiyappa ;Padikkathavan ; Paheli ; Pinjar ; Raju Chacha ; Road, Movie ; Saathiya ; Siddharta ; Sillunu Oru Kaadhal ; Sivaji ; Vidheyan ; Woh 7 Din ; Yuva

Moyens ( * * 1/2) :A Wednesday ; Aamir ; Aar Paar; Anaganaga O Dheerudu; Billa (Prabhas) ; Billu ;Dabangg ; Deewana ; Dulha mil gaya ; Dhoom II ; Fanaa ; Guru ;Haathi mere Saathi; Halla Bol ; Hero Hiralal ; Hum Dil De Chuke Sanam ; ; Ijaazat ; Indian ; Jaane Tu Ya Jaane Na ; Jodhaa-Akbar ; Khoya Khoya Chand ;Krrish; Laawaris; Lootere ; Mirch Masala ;Mission Kashmir ; Mr Medhavi ; Mohra ;Munna ;Munnabhai M.B.B.S ; My Name Is Khan ; No Smoking ; Parineeta ; Party ; Peepli Live ; Phir Bhi Dil Hai Hindustani ; Pukar ; Raavanan ; Ram Jaane ; Shakti : The Power ; Singam (T) ; Super ; Titas Ekti Nadir Naam - Une rivière nommée Titas ; The Train ; Umrao Jaan (Rekha) ; Vettaikaran ; Vishwatma ; Zinda Laash (aka Dracula au Pakistan)

bof (* * ) : Ajantrik - l'Homme-auto ; Allah ke bande ; Baabul ; Bhulaiyaa ; Bombay Boys ; Bride and Prejudice (Coup de foudre à Bollywood) ;Bunty aur Babli ; Chaahat ; Chingari ; China Gate ; Chokher Bali ; Darr ; Devi ; Dil To Pagal Hai ; Don (1978) ; Duplicate ;Ek Duuje Ke Liye ;Fiza ;Geraftaar ;Ghulami ; Hangman (The) ; Hirak Rajar Deshe ; Hum Aapke Hai Kaun ; Hum Tum; Jalsaghar (le salon de musique) ; Kabhi Alvida Naa Kehna ; Kalaba Kadhalan ; The Legend of Bhagat Singh ; Mohabbatein ; Monihara ; Mother India ; The Namesake ; Namaste London ;Pakeezah ; ; Pithamagan ;Raincoat ; Raju Ban Gaya Gentleman ; Rang De Basanti ; Saawariya; Sarvam ; Sing is Kinng ; Sir ; Umrao Jaan (2006) ; Vel ; Vettaiyadu Vilaiyadu ; Vivah

Mauvais (* 1/2) : Aan (Mangala fille des Indes) ; Arohan ; Bazaar ; Billa 2 ; Chori Chori Chupke Chupke; Dhoom ; Dil Bole Hadippa ; Dil Kya Kare ; Kabhi Kabhie ; Chamatkar ; Hum Tumhare Hain Sanam ; Karan Arjun ; Nandha ; One 2 Ka 4 ; Sheesha ; Yogi; Zamana Deewana

( * ) ; Asambhav; Bahu ki Awaaz ; Daava ; Dasavatharam ; Dil Dosti Etc ; Dus ; Good Boy Bad Boy ; Guddu ; Humraaz ; King Uncle ; London Dreams ; Magadheera ; Moksha ; Pardes ; Salaam Namaste ; Shikari

à revoir avec des sous-titres : Eeshwar (Te), plutôt distrayant et globalement compréhensible même avec une connaissance du télugu limitée à dix mots, musique sympa et clips super. Raghavendra (Te), film à première vue très moyen ; et quelques films hindi des années 70-80 que j'aimerais bien trouver un jour avec des sous-titres : Aakrosh, qui m'a l'air très bon mais gagne à mon avis à être vu en comprenant un peu plus précisément tous les dialogues ; Paar, qui raconte la fuite d'un couple dalit vers Calcutta, la recherche infructueuse d'un emploi, et enfin la traversée qui donne son titre au film : Naurangia et sa femme enceinte conduisent à la nage, au péril de leur vie, un troupeau de porc de l'autre côté du Gange. A première vue le scénario n'est pas très bien construit, mais c'est bien joué, bien mis en scène ; Katha, dont je n'aime pas beaucoup la fin mais qui est sinon une sympathique petite fable ; Ek Pal, qui raconte la vie conjugale morose d'une jeune femme qui finit par tromper son mari et se retrouve enceinte de son amant. Un sujet plutôt osé, traité avec beaucoup de courage. De superbes acteurs, y compris dans les seconds rôles, à l'image de Shreeram Lagoo (qui joue le père de Priyam) ; Manthan, la création d'une coopérative laitière vue par Shyam Benegal.

Après beaucoup d'hésitation j'ai décidé de répertorier ici tous les films indiens que j'ai vus, quels que soient leur genre et leur langue. C'est pourquoi deux films aussi différents que Awaara et Apur Sansar se trouvent rangés dans la même catégorie, celle des films que j'aime le plus.


en fait j'hésite à créer une nouvelle catégorie pour guddu, en dessous de "une étoile". S'il existait une catégorie "trou noir", ce film y figurerait en bonne place.Et certains des films rangés dans la catégorie "pas mal" sont objectivement moins bons (Koyla ou Josh par exemple), mais je me suis trop amusée en les regardant pour les considérer comme mauvais.

Répartitions de ces films par langue et par décennie (au 4/03/2012) :

Répartition par langue.
Répartition par décennie.

Kuch Kuch Hota Hai (1998)

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Petite critique vite fait sur un grand succès commercial qui se révèle être un film sympa, drôle et pas mal fait.


Le scénario évoque un peu celui de La Famille Indienne du même Karan Johar, également avec SRK et Kajol. Rahul (SRK) a une fille, Anjali, dont la mère, Tina (Rani Mukherjee), est morte en la mettant au monde. A l'âge de 8 ans, la petite fille prend connaissance d'une lettre dans laquelle sa mère lui demande de retrouver une autre Anjali (Kajol). Lorsqu'ils étaient étudiants, celle-ci était la meilleure amie de Rahul et cachait sous ses airs de garçon manqué un profond amour pour lui.
La petite Anjali se met alors en tête de lui faire épouser son père.

Si le long flash-back sur la jeunesse des protagonistes, dans lequel un Shah Rukh Khan de 33 ans interprète un étudiant (!), est peu convaincant et souvent crispant (seconds rôles insupportables, chorégraphies qui veulent à tout prix faire "jeunes"), la deuxième partie, dans le camp de vacances qu'anime désormais Anjali, parvient à émouvoir et offre quelques trouvailles, comme ce petit garçon sikh malicieux et muet, véritable ressort comique de la dernière heure du film.

Shah Rukh Khan fait (très bien) du Shahrukh Khan, Rani Mukherjee très bien dans un rôle assez secondaire, mais on remarque surtout Kajol, qui interprète le personnage le plus intéressant du film. Salman Khan fait une apparition.

La musique est agréable, mais pas inoubliable.


En bref, un film qui a tellement été imité qu'il est un peu dur de l'apprécier à sa juste valeur, mais qui devrait ravir les amateurs de comédies romantiques.


5.9.06

La famille indienne (K3G) (2001)

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Karan Johar réussit à présenter en un seul film (plutôt bon d'ailleurs) tous les éléments que le néophyte s'attend à trouver dans un film indien. Petit récapitulatif de ces traits spécifiques, anecdotiques ou essentiels.




Une histoire conventionnelle
Le jeune Rohan décide de ramener à la maison son frère ainé Rahul, brouillé avec son père depuis qu'il a épousé la belle Anjali contre la volonté de celui-ci. Il tombe alors sous le charme de la soeur d'Anjali, Poo.

Les stars
Difficile d'imaginer un casting occidental équivalent à celui de La famille indienne :les parents sont joués par Jaya et Amitabh Bachchan (un sondage de la BBC désigne ce dernier comme plus grande star du vingtième siècle), Shah Rukh Khan interprète Rahul et Kajol sa femme, tandis qu'Hrithik Roshan joue Rohan.


La frime
Les personnages changent de voiture (de luxe) aussi souvent que de costume ; lorsque le jeune Rahul quitte l'université pour rejoindre le château familial, il fait le trajet dans un hélicoptère dont les mouvements de pales sont longuement filmés.


Le sens du spectacle
par exemple lorsque Rahul s'imagine dansant avec Anjali dans un décors qu'on ne surait qualifier de typiquement indien




Les emprunts parodiques au cinéma américain
Aux teenage movies dans le cas présent : Poo la frimeuse n'a qu'une idée en tête, trouver un beau mec pour aller au bal du lycée. Les nombreux candidats font la queue, et, avec l'aide de deux copines aussi insupportables qu'elle, elle note leur look sur dix!


Un regard indien sur l'Europe
Lorsque Rohan arrive en Angleterre, le clip qui présente à toute allure les différents monuments et magasins célèbres de Londres semble sponsorisé par l'office du tourisme de la capitale britannique, et les quelques Anglais présentés sont tous de parfaits clichés.

Le cricket
C'est visiblement l'équivalent du football en Inde.
Le film s'ouvre sur un match d'un suspense insoutenable : Rohan va-t-il réussir, à lui tout seul, à faire gagner son université pour la première fois de son histoire? Deux rencontres entre l'équipe de l'Angleterre et celle de l'Inde constituent en outre la toile de fond du film.

Les grands sentiments
Amour, Honneur, Piété, Pardon et Patriotisme (je tiens aux majuscules). La fibre patriotique du spectateur indien est ainsi appelée à vibrer lorsque le petit garçon de Rahul et Anjali entonne soudain lors de la fête de son école londonienne ce que je suppose être l'hymne national indien. Sa famille se lève aussitôt, bientôt suivie par toute l'assemblée britannique. Même la petite fille handicapée (filmée en gros plan) qui ne peut pas suivre le mouvement participe à l'émotion collective en agitant la main.

Le mélange des tonalités
Le titre original du film signifie "Parfois heureux, parfois triste", et exprime bien l'atmosphère de celui-ci. Les moments d'émotion, soulignés par un nombre impressionnant de coups de tonnerre, alternent avec des séquences à la gaîté communicative.

Le poids de la famille


Une fois n'est pas coutume, le titre français n'est pas mal choisi puisque c'est bien la famille qui est au centre du film. Le père a certes eu tort de s'opposer à l'amour de son fils mais, nous dit La famille indienne, celui-ci a commis une faute plus grave encore en refusant de se réconcilier avec les siens. "Tout ce qui compte, c'est d'aimer ses parents", proclame d'ailleurs le réalisateur dans une citation placée en exergue du film.

Une musique efficace
Pas très originale, mais rythmée et entraînante, elle donne lieu à des chorégraphies époustouflantes qui mobilisent de nombreux figurants et permettent à Hrithik Roshan de montrer ses talents de danseur.



Tout ça dans un même film! Evidemment, le résultat est un peu long et pas forcément très digeste quand on n'a pas l'habitude, mais c'est l'accumulation de ces ingrédients qui fait le charme de La famille indienne : il y en a pour tout les goûts!



Découvrez Lata Mangeshkar!

3.9.06

Musique

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pour écouter de la musique indienne gratuitement, je conseille raaga, (surtout pour le sud de l'Inde), dishant.com (pas mal pour les trucs un peu anciens), ou encore desi radio

Veer-Zaara (2004)

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Vous allez vite vous en rendre compte, j'ai du mal à parler objectivement de ce film qui malgré quelques défauts m'a vraiment beaucoup plu.

Une jeune avocate (Rani Mukherjee) du Conseil pakistanais des droits de l'Homme s'intéresse au cas d'un prisonnier indien, convaincu d'espionnage il y a 20 ans et détenu depuis lors à Lahore. Veer Pratap Singh (Shah Rukh Khan), qui n'avait plus dit un mot depuis son incarcération, accepte de confier son histoire à la jeune femme. Le long flash-back qui s'en suit constitue le coeur du film.



Veer, secouriste en montagne, sauve la vie de la jeune Pakistanaise Zaara (Preity Zinta) partie immerger en Inde les cendres de sa nourrice hindoue, et, séduit par le fort caractère de la belle, l'invite à venir célébrer la fête de Lodi dans sa famille.


Zaara laisse se développer l'amour de Veer sans lui dire qu'elle doit épouser le fils d'un allié politique de son père dès son retour au Pakistan. Lorsque l'Indien l'apprend enfin, Zaara comprend à quel point celui-ci est amoureux d'elle. Séparée de lui, elle tombe alors à son tour amoureuse de cet homme capable de ressentir pour elle un amour si grand, au point qu'une de ses servantes, ne supportant plus de la voir malheureuse, prend l'initiative de contacter Veer.

Yash Chopra exploite au maximum tout ce que cette histoire pouvait offrir de larmes, de retrouvailles émouvantes et de séparations déchirantes. Mais même si ces ficelles sont un peu grosses, l'émotion est bien là, porté par une musique d'une tristesse infinie (magnifiques chansons "Do pal" et "Main Yahaan Hoon" illustré par quelques superbes mouvements de caméra, voir par exemple le passage où Zaara est assise à son balcon en robe jaune - c'est quoi, d'ailleurs ? Une espèce de zoom doublée d'un panoramique ?).




Le personnage de Zaara est très convaincant. Preity Zinta interprète (avec beaucoup plus de subtilité que ne le laisse présager sa première apparition à l'écran) une jeune femme courageuse et déterminée, consciente que son mariage, qu'elle ne songe pourtant pas à refuser, mettra fin à son indépendance, et bien décidée à profiter le plus possible des derniers instants de liberté qui lui reste.

l'animation vient de http://www.srk4ever.de/

C'est ce qui la conduit à se laisser entraîner par l'enthousiaste Veer à la découverte d'une Inde colorée et joyeuse, et lui fait oublier, plus ou moins consciemment, de l'avertir de son mariage imminent. Au passage, on comprend que malgré son message de réconciliation le film ait reçu un accueil plus que réservé au Pakistan : il suffit de comparer la description de l'Inde et des Indiens avec celle faite du pays voisin...

Le retour à la réalité est brutal, y compris pour le spectateur qui connaît pourtant la situation de Zaara depuis le début. La jeune femme, accompagné par Veer, est accueillie à la gare par son fiancé tout de noir vêtu, dans une des meilleure séquences du film. Zaara prend soudain conscience que ce qu'elle ne pensait être qu'une petite omission va être lourd de conséquences et le chant élégiaque Do Pal traduit très bien le désarroi et la tristesse des deux amants. En outre, lorsque Veer déclare sa flamme à Zaara, en présence du fiancé pakistanais de plus en plus menaçant, la scène est, fait exceptionnel, dénuée de toute mièvrerie (merci Shahrukh, jamais meilleur que dans ce genre de scènes).

Veer et Zaara ne se voient en tout que quelques jours, et sont bien conscients du contraste tragique entre le peu de moments passés ensemble ("Pour deux instants seulement l'histoire de nos coeurs a pris vie", dit l'une des chansons), le peu de faits concrets, de souvenirs communs sur lesquels s'appuie leur amour et l'intensité, la violence presque mythique de celui-ci (le film à pour sous-titre a love legend, et les témoins de la tragédie insistent sur cet aspects), très bien exprimée par les deux interprètes.

Cette grosse production au casting de stars (Amitabh Bachchan fait une apparition mémorable) est très convaincante quand elle se concentre sur l'amour de ses deux héros, isolant le couple dans des décors monumentaux.


Elle est en revanche moins réussie lorsqu'elle prône avec générosité mais sans grande subtilité l'amitié entre les peuples et l'émancipation de la femme. Ainsi, le procès final (tout droit sorti d'un trial movie américain), au cours duquel se joue la libération de Veer, est alourdi par l'opposition trop manichéenne entre la jeune avocate féministe et tolérante et son ancien mentor malhonnête et machiste, et par un suspense un peu artificiel (les témoins arriveront-ils à temps). Ces défauts sont cependant tout à fait secondaires, et vite oubliés.

Premiers pas dans le cinéma indien ?

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Bienvenue !

vous pourriez vouloir tout d'abord jeter un coup d'oeil (et tendre une oreille) à une sélection de musiques de film, c'est un bon moyen de découvrir un cinéma dans lequel la musique occupe une place prépondérante.

ce blog comprend également une brève introduction au cinéma indien, que ce post vient compléter.


1. Films recommandés pour commencer
2. Sites de référence
3. Où acheter les films ?
4. Films "hindi", "indiens", ou "hindous" ?

1. Films recommandés pour commencer

Pas toujours évident de se repérer dans la masse des films indiens, et de savoir par quoi commencer. Certains films sont très abordables, d'autres, plus ancrés dans la cultures et les codes cinématographiques indiens, peuvent déconcerter. On peut y aller au feeling, se fonder sur des clips vus sur youtube ou ailleurs, mais si vous hésitez encore, voici un premier choix d'articles à consulter, (et de films à voir) :

  • A ceux qui hésitent un peu et veulent se plonger progressivement dans le cinéma indien, je conseillerais les films suivants :

Swades, un beau film porteur d'un message social auquel il est difficile de ne pas adhérer. Photo magnifique, interprétation impeccable. Un film paisible et optimiste sans être naïf. Avec la grande star du cinéma Hindi, Shahrukh Khan.

Dor : très joli film féministe tourné dans les paysages du Rajasthan. Pas trop long (ce qui est appréciable, les films indiens durant souvent 3 heures), émouvant et malgré tout souvent drôle. Pas vraiment de chorégraphies, mais une belle musique de fond.

Main Hoon Na : celui là est accessible parce qu'il parodie à peu près tout : le cinéma indien certes, mais surtout les films américains : films d'actions, films pour adolescents... pas forcément léger mais très drôle et sympathique.

Thiruda Thiruda : Indiana Jones à la sauce tamoule. Budget à peu près dix fois moindre, mais plus de chansons ;-). Un film qui me met à chaque fois de bonne humeur.

Dil se : je considère celui-ci comme un chef d'oeuvre. Photo et paysages d'une beauté à couper le souffle, scénario passionnant, musique inoubliable, chorégraphies époustouflantes. Un film qui tord le cou d'emblée à tous les clichés sur le cinéma indien. Le caractère très autonome des passages chantés peut néanmoins déconcerter le spectateur occidental, et c'est un film qu'on gagne à revoir après avoir vu quelques autres films hindi, pour voir comment le réalisateur joue avec les codes du genre.

Kannathil Muthamittal : une petite fille convainc ses parents adoptifs de l'accompagner au Sri Lanka malgré la guerre, pour retrouver sa mère biologique. Un sujet original dans la production indienne traité d'une manière sensible et sobre, qui ne tombe jamais dans le mélodrame.


  • On peut aussi choisir de s'attaquer d'emblée aux classiques du cinéma indien, tels les indémodables Dilwale Dulhania Le Jayenge et Kuch Kuch Hota Hai ou encore Kabhi Khushi Kabhi Gham, vendu en France sous le titre La Famille Indienne. Si l'on préfère les films plus anciens, Sholay, peut-être le film indien le plus connu, est un bon western, Awaara est un conte à la beauté époustoufflante, tandis que les films de Guru Dutt constituent un bon compromis entre cinéma d'auteur et films commerciaux (Pyaasa, Kaagaz Ke Phool).

  • Enfin, si l'on est adepte des traitements de choc et que l'on veut se confronter directement aux films les plus différents possibles de ceux qu'on peut voir en France, les films de Rajnikanth sont incontournables, Padaiyappa ou Muthu par exemple. Om Shanti Om est aussi assez radical.



2. Films "hindi", "indiens", ou "hindous" ?

Indien est le terme employé pour parler des habitants de l'Inde. Un film indien, c'est un film produit en Inde. Le hindi, c'est une langue. Certains des films indiens sont en hindi. C'est le cas notamment des films de Bollywood. Mais il existe aussi beaucoup de films indiens tournés dans d'autres langues : en tamoul, en telugu, en bengali...Enfin, hindou se rapporte à une religion, l'hindouisme, pratiquée par à peu près 80 % des indiens. Hindou n'est donc pas synonyme d'indien : il y a aussi des Indiens musulmans, jaïns, chrétiens, sikhs...

Les tenues d'Aishwarya Rai dans Devdas

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juste pour le fun...
Il y en a 23 en tout (une par scène où Paro apparaît), et certaines ne sont visibles que quelques secondes, et n'apparaissent que très partiellement.
cliquez sur les images pour les voir en plus grand.
















































































Fiza (2000) - Rambo djihadiste?

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Voilà exactement le genre de film dont on ne sait pas trop que penser. J'ai abordé avec un a priori favorable l'histoire de cette jeune musulmane partie à la recherche de son frère disparu lors des affrontements inter-communautaires de 1992-1993 (évoqués dans des scènes assez violentes) : le scénario semble assez différent des habituelles romances (les histoires d'amour sont effectivement tout à fait secondaires), et c'était la première fois que je voyais un film bollywood situé dans la communauté musulmane. En outre, le parti pris de réalisme du réalisateur Khalid Mohamed était plutôt une agréable surprise ( alors que Fiza, l'héroïne, fait la queue en pleine chaleur pour obtenir un emploi, une jeune femme lui propose de l'eau en précisant "Je l'ai fait bouillir, et j'ai désinfecté la bouteille")par rapport à ce que j'ai pu voir jusqu'à présent.

L'actrice principale, Karisma Kapoor (vue récemment dans Shakti) est vraiment excellente, tout comme Jaya Bachchan (la mère), et le beau Hrithik Roshan, qui joue son frère Amaan, réussit parfois à faire sentir la fragilité de son personnage.

Le film n'est cependant pas réussi. D'abord, les morceaux musicaux, sans grand intérêt, n'apportent strictement rien à l'histoire, et on a vraiment l'impression que le réalisateur ne les a insérés dans son film que pour se plier aux règles du genre. C'est toujours un peu dommage.

Le scénario est en outre assez mal construit, ne reliant que lâchement une première partie consacrée à la quête de Fiza et une deuxième centrée sur l'engagement de son frère.

Le troisième défaut est à mes yeux plus grave. Le réalisateur a visiblementvoulu faire de Fiza un film politique, dénonçant le racisme dont sont victimes les musulmans et l'hypocrisie des partis communautaires des deux bords. Il prèche la concorde entre tous les Indiens ("Notre drapeau est safran et vert", rappelle l'héroïne). Pourquoi alors un message aussi ambigu sur le djihad?





Tant qu'Amaan est présenté comme un jeune homme paumé, et que le personnage positif de Fiza fait contrepoids, la condamnation du terrorisme semble claire. Mais une séquence particulièrement ratée fait basculer le film de l'autre côté, pas très loin de la glorification de la guerre sainte : un quasi plagiat de Rambo, ( Stallone est l'idole de Roshan) , dans lequel Hrithik Roshan s'exerce pour le combat et montre longuement au spectateur navré son imposante musculature.

Dommage, car il y avait de quoi faire un film vraiment intéressant.


2.9.06

Devdas (2002)

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Première critique sur un film assez bien connu ici, peut-être parce qu'il a été présenté à Cannes en 2002, plus probablement parce que la somptuosité des décors et des costumes ainsi que la beauté des danses et des chants forcent l'admiration.
Devdas fait partie des tous premiers films indiens que j'ai découvert.s Il m'a fait un vrai choc, qu'exprime cette critique. Aujourd'hui je l'ai revu plusieurs fois, et je suis plus sensible aux défauts du film que je ne l'été lors de la rédaction de cet article.



Devdas, réalisé par Sanjay Leela Bhansali, est une adaptation du roman le plus lu en Inde, publié au debut du XXème siècle et déjà adapté une dizaine de fois au cinéma. Paro (Ashwarya Rai) et Devdas (Shah Rukh Khan) s'aime depuis l'enfance, mais la famille du jeune homme s'oppose à leur union. Celui-ci s'enfuit alors et trouve refuge auprès de la courtisane Chandramukhi, tandis que Paro est mariée à un riche aristocrate.


La qualité de ce genre de film tient avant tout aux musiques et aux danses. Celles de Devdas, fortement inspirées par la danse classique indienne, sont exceptionnelles et s'insèrent parfaitement dans le récit. Ces chorégraphies (qui mettent en scène, à plusieurs reprises, des mythes renvoyant à l'histoire vécue par Paro et Devdas) sont pour les protagonistes le seul moyen d'exprimer leurs sentiments, ce qui n'est pas sans conséquence sur le déroulement de l'histoire : la danse de Sumitra, comme celle de Paro et de Chandramukhi, provoque une catastrophe.
C'est peut-être parce que les morceaux musicaux ne sont donc pas réduits, comme souvent, à une simple fonction décorative que les trois personages principaux ont une vraie consistance.

Shah Rukh Khan incarne ainsi très bien Devdas, jeune homme extrèmement attachant dans son désir de pureté et d'amour, mais conduit par son immaturité d'enfant gâté à blesser à la fois sa famille et les deux femmes qui l'aiment.

Une scène illustre bien son caractère : après avoir abandonné Paro, Devdas se rend compte de son erreur et retourne la voir le jour même du mariage de celle-ci, pour lui demander avec aplomb de s'enfuir avec lui, comme s'il était évident, puisqu'il l'aime, qu'elle ne peut que lui appartenir, sans réaliser qu'elle a elle aussi un honneur à défendre.

Le fait que certains personnages secondaires soient très stéréotypés (Kumud, la méchante belle-soeur, évoque une sorcière de Walt Disney) n'empêche absolument pas d'adhérer à l'histoire, et renforce même au contraire sa dimension mythique et universelle.

On sort de ce film ébloui par la beauté des images où le rouge et l'or cèdent peu à peu la place au blanc du deuil à mesure que Devdas sombre dans l'auto-destruction. Le bleu profond de la nuit dans laquelle Paro, sur la terasse de son palais, pressent le retour imminent de Devdas fait écho à la première nuit du film, lorsque celui-ci voit pour la première fois le visage de sa bien-aimée.


Devdas est donc un film splendide, très prenant et accessible, une très bonne introduction à l'univers de Bollywood.