16.1.11

Naseeruddin Shah : une rétrospective (quatrième et pour l'instant dernière partie)

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Et l'on arrive à la fin de cette rétrospective, dont vous pouvez retrouver l'intégralité en cliquant sur le tag "Naseeruddin Shah"
Je n'ai pas parlé de la totalité des films que j'ai vus : j'ai fait le choix de laisser de côté certains films qui ne m'ont pas paru très intéressants, ainsi qu'une bonne partie de ceux dans lesquels Naseer n'a qu'un tout petit rôle. Un certain nombre d'autres films sont évoqués en images ici.

2001 : Le Mariage des moussons, Mira Nair


Le film : Lalit Verma se démène pour que le mariage de sa fille unique se passe bien, et ce n'est pas une mince affaire : il faut accueillir les proches qui viennent des quatre coins du monde, la future mariée n'a pas l'air très sûre de vouloir quitter son copain actuel, la personne chargée de tout organiser ne fiche rien, et de vieux secrets menacent d'ébranler toute la famille.
Le Mariage des moussons est un film chorale, qui entremêle plusieurs histoires. Elles ont chacune leur tonalité propre : le romantisme tendre de l'histoire d'Alice et de P.K Dubey, la drôlerie des amours des plus jeunes, le drame vécu par Ria... Lalit est le point d'ancrage de toutes ces histoires, c'est lui qui assure l'unité du film.

Le rôle de Naseer : Le film dans lequel j'ai découvert Naseer ! C'est dans ce genre de rôle de personne ordinaire que je le préfère.

A voir ou pas ? A voir absolument !





2005 : Iqbal, Nagesh Kukunoor


Le film : Film de sport sans grande originalité. Un jeune homme sourd et muet veut intégrer une équipe de cricket. Un ancien joueur devenu alcoolique va lui servir d'entraineur, et retrouver ainsi une raison de vivre. Aucune surprise là-dedans, mais de bons acteurs (à commencer par Shreyas Talpade), une jolie musique et une belle photo.

Le rôle de Naseer : C'est Shreyas la vedette, mais Naseer a pas mal de temps à l'écran quand même.

A voir ou pas ?
Pourquoi pas ?



2007 : Dus Kahaniyaan, film "Rice Place" réalisé par Rohit Roy


A la suite d'une série de mésaventures, une veuve brahmane très stricte (Shabana Azmi) est amenée à partager le plat de riz d'un musulman. Un sympathique court-métrage.

2008 : Mithya, Rajat Kapoor


Le film : VK (Ranvir Shorey) se rêve acteur mais n'est employé que comme figurant. Lorsque le gang de Gawde (Naseer) s'aperçoit qu'il est le sosie du chef d'un gang rival, il tient le rôle de sa vie, et peut-être aussi l'amour de sa vie en la personne de Sonam (Neha Dhupia), la copine de Gawde.
Bizarrement j'étais persuadée que Mithya était une comédie. Il y a bien quelques éléments de comédie, et des allusions amusantes aux nombreux films de sosies de Bollywood, mais Mithya est avant tout un film très noir sur un homme sans véritable identité, qui s'accroche désespérément à celle qu'on lui propose. Ranvir Shorey est épatant.

Le rôle de Naseer : Très secondaire.

A voir ou pas ? A voir

2008 : A Wednesday, Neeraj Pandey


Impossible d'éviter un énorme spoiler.
Le film : Posté sur un toit de Bombay, un homme (Naseer) menace de faire exploser cinq bombes si trois terroristes ne sont pas relâchés. La police, dirigée par Prakash Rathod (Anupam Kher), s'efforce de le localiser, puis finit par accepter de relâcher les terroristes. Mais coup de théâtre : le poseur de bombe ne chercher pas à les libérer, mais à les éliminer. Il est en fait simplement un aam aadmi, un homme ordinaire, lassé de voir que la justice n'est pas assez sévère avec les terroristes. Il souhaite prouver que si tous les Indiens prenaient les armes l'Inde serait débarrassée du terrorisme. Un peu simpliste, non ?

Le rôle de Naseer : il réussit à rendre un peu plus digestes les longs discours patriotiques de son personnage. C'est déjà un exploit.

A voir ou pas ? A éviter.

2010 : Ishqiya - voir ici

Naseeruddin Shah : une retrospective (partie 3)

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(Vous pouvez lire les précédents épisodes ici et )

1986 : Karma, de Subhash Ghai


Le film : Vishwa Pratap Singh, un directeur de prison joué par Dilip Kumar, a la ferme conviction que certains criminels devraient avoir une chance de se réinsérer dans la société. Ce n'est pas le cas cependant de l'infâme docteur Dang, qui a juré de détruire l'Inde. Or Vishwa Pratap Singh aime beaucoup son pays : dès le générique il fait chanter aux détenus de sa prison une longue chanson patriotique. Lorsque sa famille est massacrée par les sbires de Dang, notre directeur engage trois condamnés à mort pour l'aider à le capturer, en échange de leur liberté. Et voici Dilip chargé d'entrainer Naseer, Jackie Shroff et Anil Kapoor.

Si l'on supporte cette légère overdose de grands sentiments nationalistes, le film vaut surtout pour l'aisance avec laquelle il balaie toute vraisemblance. Deux de nos trois zozos sont plus intéressés par les filles (Sridevi et Poonam Dhillon) que par leur mission, et tous font tellement de bourdes qu'on se demande comment ils arrivent à survivre jusqu'à l'attaque finale contre le fort de Dang.


Quoi de mieux que d'annoncer aux méchants qu'on va tous les tuer, alors qu'on est chez eux, et en théorie incognito ? (à partir de 4 min)


Mon passage préféré : Jackie et Anil veulent s'enfuir. Pour cela, Jackie décide de se déguiser. En ça :


Et Sridevi le prend vraiment pour un ours. Elle a un "double" rôle sympa Sridevi d'ailleurs.



Une scène qui transmet avec beaucoup de subtilité le message patriotique du film : Dilip dessine une carte de l'Inde en tirant autour du docteur Dang.


Le rôle de Naseer : En retrait par rapport à Anil et Jackie. Son personnage est plus sérieux, il n'a pas d'histoire d'amour mais vit dans le souvenir de sa fiancée assassinée par Dang.

A voir ou pas ? Attention, ce film peut endommager votre cerveau.

1987 : Ijaazat (La Permission), Gulzar


Le film : Un homme et une femme se retrouve par hasard dans la même gare. Autrefois ils étaient mari et femme. Lorsque Sudha (Rekha) a épousé Mahinder (Naseer), elle savait qu'il y avait auparavant une autre femme dans la vie de son mari. Mais Mahinder ne semblait pas décidé à couper les ponts avec Maya. Sudha est donc partie.
Je suis assez partagée sur ce film. D'un côté je trouve toutes les scènes dans la gare très bien faites (la gêne de ces retrouvailles inattendues, les souvenirs qui reviennent...), de l'autre je ne suis pas très convaincue par les séquences de flashback qui forment le cœur du film. En particulier le personnage de Maya est absolument horripilant.

Le rôle de Naseer : Rien de particulier à signaler.

A voir ou pas ? Pourquoi pas ?





1991 : Ek Ghar (Une Maison), Girish Kasaravalli (une version en kannada existe sous le nom de Mane)



Le film : Rajshekar (Naseer) et Geeta (Deepti Naval) emménagent dans une nouvelle maison. Ce n'est pas vraiment la demeure de leur rêves, mais le quartier semble correct, et ils espèrent avoir enfin un peu d'intimité. Problèmes : les locataires précédents ont laissé un gigantesque lit, qu'il est impossible de sortir de la maison. Et le réduit de tôle qui jouxtent leur maison se transforme rapidement en un atelier extrêmement bruyant de jour comme de nuit. Impossible dans ces conditions de se sentir chez soi. Rajshekar déclare donc la guerre à ces voisins indélicats.
La photographie est sombre, l'atmosphère cafardeuse, l'épuisement nerveux des personnages presque palpable : Ek Ghar rappellera de mauvais souvenirs à tous ceux qui ont déjà eu des voisins bruyants. Mais le film ne se limite pas à cet aspect (le plus réussi). Rajshekar n'arrive pas à se sentir chez lui dans cette maison : mais la situation n'est-elle pas encore pire pour Geeta, qui habite, après tout, chez son mari ? La question est posée à travers le personnage de la tante de Rajshekar, une femme divorcée qui vit en concubinage avec un officier de police. Elle a permis au couple d'obtenir ce logement, mais Rajshekar veut la tenir le plus éloigné possible de son épouse. Et les gens qui squattent si bruyamment le réduit de taule, Rajshekar a-t-il vraiment le droit de les priver de leur logement ?

Le rôle de Naseer : Un rôle complexe. Il interprète un personnage sûr de son bon droit qui va peu à peu devoir revoir ses certitudes.

A voir ou pas ? A voir

1992 : Chamatkar - voir ici

1998 : China Gate : Rajkumar Santoshi


Le film : Le colonel Puri (Om Puri) et ses hommes ont été renvoyés de l'armée pour désertion. Lorsqu'une jeune femme vient lui demander de combattre le bandit qui terrorise son village, il rappelle ses hommes (dont Naseer) pour aller rejouer les Sept Samouraïs. Ces anciens soldats, dont les plus jeunes ont la cinquantaine, vont devoir surmonter leurs antagonismes pour sauver les villageois. Aux côtés d'Amrish Puri, d'Om Puri et de Naseer, on retrouve absolument tous les seconds rôles du cinéma hindi de l'époque, dont Danny Denzongpa, Kulbhushan Kharbanda et Tinu Anand.
Le film en lui-même est loin d'être parfait, le plus gros problème étant que les personnages sont réduits à une seule caractéristique qui les définit. Mais les trois heures passées en compagnie de ce club des seniors du cinéma hindi ne sont pas désagréables !


Le rôle de Naseer : Sarfaraz Khan est un des personnages les plus importants du film, mais il aurait pu être plus développé (comme tous les autres d'ailleurs).

A voir ou pas ? Pourquoi pas ?

1999 : Sarfarosh, John Mathew Matthan
Attention aux méchants spoilers !

Le film : Aamir Khan enquête sur un trafic d'armes particulièrement bien organisé. Il fait également la connaissance d'un chanteur de ghazals pakistanais dont il a toujours admiré la musique, Gulfam Hassan (Naseer).
Un film vraiment bien mené, à l'image de l'impressionnante séquence d'ouverture qui suit le trajet d'une cargaison d'armes de sa vente à son utilisation lors du massacre d'une noce. Le scénario est très bien construit, et utilise pour une fois judicieusement les flashbacks.

Le rôle de Naseer : Un méchant qui a plus d'épaisseur qu'à l'ordinaire.

A voir ou pas ? A voir



Un dernier article, qui couvrira les années 2000, est en préparation.

15.1.11

Naseeruddin Shah : une retrospective (partie 2)

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(Le début des aventures de Naseer peut être consulté ici.)

1983 : Jaane Bhi Do Yaaro, Kundan Shah
Le film : Vinod et Sudhir tiennent un studio photo déserté par les clients. Quand une journaliste leur demande de l'aider à dénoncer une affaire de corruption, ils sautent sur l'occasion. Mais rien ne se passe comme prévu, et nos deux héros finissent par se retrouver avec un cadavre très convoité sur les bras.
Comédie noire sur le thème de la corruption, Jaan bhi do yaaron choisit moins la voie attendue de la satire que celle du slapstick et du gag absurde. Globalement tréussi, le film culmine dans une incroyable chasse au cadavre qui conduit Sudhir, Vinod et leur dizaine de poursuivants au beau milieu d'une représentation de la partie de dés du Mahabharata, si peu dynamique que même les acteurs s'endorment. La confusion qui s'ensuit donne lieu a ce qui est certainement la meilleure séquence de comédie du cinéma indien.

Pas de sous-titres, désolée :-(

Le rôle de Naseer : De son propre aveux, Naseeruddin Shah, plus habitué aux rôles dramatiques et intenses, a eu du mal à comprendre l'esprit du film, et trouvait parfaitement ridicules certains gags. Ravi Baswani (dans le rôle de Sudhir) lui fait un peu d'ombre, mais c'est un plaisir de le voir dans un rôle différent !
(sur le sujet, on peut voir le ces interviews des personnes ayant participé au film ou lire cet article)

A voir ou pas ? A voir absolument !

1984 : Paar (La Traversée), de Goutam Ghose


Une superbe affiche

(Plein de spoilers.)
Le film : Des hommes en jeep arrivent dans un village de dalits du Bihar et mettent le feu aux habitations. Naurangia et sa femme (Naseer et Shabana) parviennent à s'enfuir . On comprend que ces évènements sont liés à une série de meurtres : d'abord celui de l'instituteur progressiste du village, puis, en représailles, celui du frère du zamindar. Impliqué dans ce dernier meurtre, Naurangia part à Calcutta avec son épouse enceinte, mais ne parvient pas à trouver de travail. Lorsqu'enfin quelqu'un les emploie, c'est pour faire traverser le fleuve à un troupeau de porc, tâche épuisante et périlleuse. Cette dernière partie fait beaucoup penser par son sujet à Sadgati de Satyajit Ray.
On remarque avant tout la volonté de réalisme des auteurs de ce films, et notamment dans la langue que parlent les personnages, très éloignée du hindi que l'on entend en général dans les films. Ce qui doit vous amener à prendre ma critique avec des pincettes : j'ai vu le film sans sous-titres, et clairement je n'ai pas compris une bonne partie des dialogues. C'est très bien filmé, avec une ampleur assez rare dans ce genre de film : l'attaque du village est vraiment impressionnante. Et la traversée qui donne son titre au film est difficile à oublier. Le principal problème concerne la construction du scénario : il y a deux parties bien distinctes et pas de vraie dynamique qui les unissent.


Le rôle de Naseer lui a valu un de ses trois National Film Awards. Le rôle de Narangia constitue une rupture radicale par rapport aux personnages qu'il interprétait d'habitude.

A voir ou pas ? A voir.

1985 : Mirch Masala, de Ketan Mehta.


Le film : Un subedar vient collecter les impôts dans un petit village. Sonbai (Smita Patil), une des villageoises, lui plaît. Pour lui échapper elle se réfugie au milieu des piments que les femmes du village font sécher et réduisent en poudre. Le subedar demande alors au chef du village de la lui livrer. Le village se divise alors entre ceux qui veulent obéir (la grande majorité), et ceux qui prennent la défense de Sonbai : les autres femmes, le maître d'école, et le gardien de l'usine (Om Puri).
Le problème de ce genre d'histoires allégoriques est qu'on en a assez vite épuisé le sens, et que les personnages n'ont ici pas assez de chair pour être autre chose que des symboles.

Le rôle de Naseer ... comment dire... il joue le méchant d'une façon très cartoonesque, avec éclats de rire sardonique et colères impressionnantes. Il faut dire aussi que son personnage est très, très méchant. Pas beaucoup de nuances là-dedans...


...mais une belle moustache.


A voir ou pas ? On peut s'abstenir.

1985 : Khamosh, de Vidhu Vinod Chopra

Le film :Une actrice trouve la mort lors du tournage d'un film. On conclut au suicide. Arrive un inspecteur (Naseer), qui ne croit pas à cette thèse. Mais alors, qui l'a tuée ? Le producteur dont elle repoussait les avances ? Le frère de celui-ci, héroïnomane et obsédé par elle ? Une actrice qui lui disputait un rôle ? Shabana, qui est somnambule et pourrait bien l'avoir tuée pendant son sommeil ?
Khamosh est une enquête à la Agatha Christie très divertissante, qui ajoute à ce schéma très classique de film policier tout un jeu sur le rapport entre fiction et réalité. Le personnage joué par la victime était censé se suicider, mais la veille de sa mort le réalisateur avait demandé au scénariste de réécrire la scène pour en faire un meurtre. Et les acteurs qui jouent des acteurs ont tous gardé leur véritable nom. Le regard porté sur le cinéma commercial hindi est sans pitié : scénario qui change à la dernière minute, histoires ultra stéréotypées, et scène de viol racoleuse. Sans parler de l'ambiance meurtrière du tournage.

Le rôle de Naseer : Assez minimal. Son personnage sert surtout de révélateur, sans vraiment s'impliquer dans l'histoire.

A voir ou pas ? Pourquoi pas ?


La suite bientôt !

Naseeruddin Shah : une retrospective (partie 1)

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Après quelques années de consommation effrénée de films hindi, j'avais l'impression d'être arrivée à saturation. En parcourant les blogs des uns et des autres en quête de renouveau, je me suis aperçu que j'ignorais tout de ce qui avais été pour beaucoup leur porte d'entrée dans le cinéma hindi : le cinéma d'auteur des années 1980. Des films relativement courts, en général sans chansons, abordant souvent de façon directe des problématiques sociales, et dominée par une poignée d'excellents acteurs : Om Puri, Shabana Azmi, Smita Patil, et Naseeruddin Shah.
Voir quelques-uns de ces films m'a rappelé combien j'adorais ce dernier : s'en est suivi un visionnage compulsif de tous les films que je pouvais trouver, d'auteur ou commerciaux, auxquels il a participé. Pour en savoir plus sur lui, vous pouvez consulter l'article en français que Wikipédia lui consacre.

Voici un aperçu de quelques-uns des films que j'ai pu voir, par ordre chronologique.

1975 : Nishaant ("la fin de la nuit"), Shyam Benegal

De gauche à droite et de haut en bas : Shyam Benegal, Girish Karnad (?), Mohan Agashe
Amrish Puri
Shabana Azmi, Naseeruddin Shah, Smita Patil


Le film : Beaucoup de spoilers, attention ! Amrish Puri et ses frères font régner la terreur dans un village. Le plus jeune, et le moins audacieux des quatre frères (Naseer), nous rejoue le Ramayana en enlevant la femme du nouvel instituteur (Girish Karnad). Ce dernier fait son possible pour la récupérer, mais personne ne lui vient en aide. Jusqu'à ce que tout le village se soulève enfin contre l'oppresseur, à l'instigation du prêtre et de l'instituteur.
La tension monte peu à peu jusqu'à cette révolution, présentée d'une façon très désenchantée, comme un déchaînement de violence, nécessaire peut-être, mais combien dévastateur. Pendant que les villageois partent poursuivre le dernier frère survivant, le prêtre horrifié ne parvient pas à quitter le cadavre d'un enfant, et l'instituteur appelle désespérément sa femme, partie avec son ravisseur. On ne saura jamais ce qui arrive à celle-ci, mais les images de la foule en colère laissent peu d'illusions.
L'ensemble des acteurs est exceptionnel, à commencer par Girish Karnad, au centre du film. Amrish Puri, qui jouait pourtant à l'époque des rôle plus variés qu'à la fin de sa carrière, a ici un de ses meilleurs rôles de méchants.

Le rôle de Naseer : Secondaire, mais capital pour l'histoire, et assez ambigu.

A voir ou pas ? A voir.

1977 : Godhuli - mon avis sur le site Fantastikindia

1980 : Sparsh, Sai Paranjpye



Le film : Anirudh est le directeur d'une école pour non-voyants. Il est aveugle, solitaire, et très susceptible. Kavita est une jeune veuve. Elle est musicienne, solitaire, et ne se remet pas de la mort de son époux. Je vous laisse compléter la suite de l'histoire...
L'ensemble, bien qu'assez convenu, est très touchant, jamais mélodramatique, et très bien joué par Naseer et Shabana. Om Puri fait aussi une apparition.

Le rôle de Naseer : Un de ses meilleurs ! Il faut dire que son personnage a une réelle profondeur : il n'est pas simplement défini par son handicap, loin de là, mais plutôt par son caractère assez difficile, et par son incapacité à accepter l'affection d'autrui, qu'il prend toujours pour de la pitié.

A voir ou pas ? A voir absolument !

1983 : Masoom (Innocent), Shekhar Kapur
Le film : DK et Indu (Naseer et Shabana) mènent une vie heureuse avec leur deux filles (dont l'aînée est jouée par Urmila Matondkar), jusqu'à ce que DK apprenne qu'il a un fils, conçu alors qu'il était déjà marié, et qu'il va devoir s'occuper de cet enfant dont la mère vient de mourir. Le petit Rahul (Jugal Hansraj) est l'enfant le plus adorable qui soit, mais Indu voit évidemment son arrivée d'un très mauvais œil.
Rahul, qui voudrait tant connaître son père, va-t-il découvrir qu'il s'agit de DK ? Indu va-t-elle accepter la présence de Rahul ? Va-t-elle se réconcilier avec DK ? L'ensemble est tellement bien fait et émouvant qu'on n'arrive même pas à reprocher au film sa morale très conventionnelle.
Il y a plusieurs chansons, toutes très belles.



J'adore le zoom arrière à partir de 3'36''




Deux vidéos pour un seul film. Et l'équilibre de l'article, alors ?


Le rôle de Naseer : Passionnant : DK est partagé entre d'un côté sa culpabilité et la crainte de voir sa famille s'effondrer, et de l'autre sa pitié (puis son amour) pour Rahul et sa joie d'avoir un fils, et Naseeruddin Shah rend tous ces sentiments à la perfection.

A voir ou pas ? A voir absolument !


"-Sur le dessin c'est moi, et puis mon Papa.
-Ah, ton Papa porte des lunettes ?
-Oui"





1983 : Katha (Conte), Sai Paranjpye


Le film : Rajaram P. Joshi est un jeune homme d'une gentillesse sans borne. Il vit à Bombay dans un chawl, est amoureux de sa voisine (Deepti Naval), et n'ose évidemment pas le lui dire. Au début du film il est tout fier de la belle pancarte qu'il a fait faire pour afficher son identité sur sa porte : mais son nom, qui ne rentrait pas en entier, a dû être abrégé. D'une manière générale, Rajaram a beaucoup de mal à s'affirmer. Arrive son ami d'enfance Bashudev (Farooq Shaikh), qui préfère qu'on l'appelle Bashu, menteur, tricheur, et séducteur invétéré. Rajaram, en admiration devant l'audace de Bashu, n'ose pas dénoncer ses méfaits.
Le générique annonce la couleur en présentant une version en dessin animé de la fable du lièvre et de la tortue : on est dans un conte, avec des personnages très caricaturaux, et une morale, que je ne suis pas sûre d'apprécier.
Il y a beaucoup de passages drôles (le rêve de Rajaram, harcelé par des collègues très entreprenantes, ou quand il s'imagine dans la peau de Bashu), et la description de la vie quotidienne dans le chawl est assez rare au cinéma pour être remarquée.

Le rôle de Naseer : Central, mais le personnage, bien que tout mignon, manque vraiment d'épaisseur.

A voir ou pas ? Pourquoi pas ?





La suite dans un prochain article ! Pour cette période j'ai laissé de côté, parmi les films que j'ai vus, Bhumika, parce que Naseeruddin Shah n'y a qu'un petit rôle, qui correspond à la seule partie du film que je n'aime pas ; et Aakrosh, dont je parlerai lorsque je l'aurai vu avec des sous-titres.

4.1.11

Adieu 2010

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Cela devient une habitude : en chaque début d'année, je réalise que je n'ai vu qu'un petit nombre de films de l'année précédente, en partie en raison du décalage entre la sortie en salle et la sortie du DVD, en partie parce que je regarde de plus en plus de film déjà anciens, aux dépens des films de l'année en cours.

Le bilan de 2010 sera donc vite fait : cinq films vus seulement !

Trois films hindi : Dabangg, Ishqiya, My name is khan, un film tamoul , Raavanan, et un film télugu, Leader.


Que peut-on dire, avec le recul, de ces quelques films ?

De Leader je garde le souvenir d'un film agréable à regarder, mené par Rana Daggubati, qui ne l'est pas moins. On y voit le fils d'un Chief Minister assassiné se lancer en politique, et oublier très vite ses beaux idéaux. Je me souviens aussi m'être dit que Rana aurait pu être plus expressif. Mais le film m'a tellement peu marquée que j'ai dû en relire le résumé sur Wikipédia pour pouvoir écrire ces quelques mots.




Raavanan restera la grosse déception de l'année, et m'amène à admettre finalement une conclusion que je m'étais longtemps refusée à accepter : les films de Mani Ratnam ne sont plus ce qu'ils étaient... De jolies images vides de sens, une narration artificiellement complexe qui empêche d'entrer dans l'histoire et n'apporte, là non plus, pas beaucoup de sens, et des personnages très creux, ce qui est un véritable gâchis vu le casting. J'en parlais un peu ici.

L'année a-t-elle était plus satisfaisante du côté de Mumbai ?

Avec My Name is Khan Karan Johar décidait de s'attaquer à un sujet à l'exact opposé de ses films précédents, l'histoire d'un musulman atteint du syndrome d'Asperger en lutte contre l'islamophobie qui a coûté la vie à son fils. Sauf que son style n'a pas changé du tout, et que le sujet aurait sans doute exigé quelques nuances (un mot absent de son vocabulaire), un scénario un tout petit peu plus crédible, et un minimum de documentation sur les Etats américains où l'action est censée se passer (disons que l'image du sud des Etats-Unis donnée par My Name is Khan est aussi réaliste que celle qu'Indiana Jones et le temple maudit donnait de l'Inde) Néanmoins la première partie est vraiment plaisante, Kajol est rayonnante, et Shahrukh se débrouille plutôt bien ! Et Karan n'a pas oublié comment nous faire pleurer à chaudes larmes, je pense en particulier à la scène où Rizvan se joint à la chorale interprétant We shall overcome en chantant la version hindi de cette chanson, Hum honge kamyab.

Le trailer de Dabangg promettait un masala bien sympathique comme on en voit plus au sud qu'au nord de l'Inde.



Voici ce que j'en disais ailleurs :

Chulbul Pandey, flic policier corrompu mais au grand coeur, s'oppose à son beau-père et à son demi-frère, ainsi qu'à un homme politique véreux dont il a contrecarré les plans.

Dabangg est un gros masala à l'ancienne (malgré sa durée assez courte, environ 2h), comme on n'en voit plus dans le cinéma hindi. Les personnages appartiennent à des milieux relativement modestes, peu occidentalisés. Le héros bénéficie d'une introduction dans les règles de l'art, lors d'une baston surréaliste puis dans une chanson à sa gloire ("il n'a peur de rien, il est capable de tout..." disent les paroles). Ce sont des aspects qui me plaisent bien. Quant à l'héroïne, elle n'a strictement rien à faire, si ce n'est se laisser séduire par le héros (c'est à dire regarder Salman passer à tabac quelques gangsters devant elle), et son histoire arrive à une conclusion avant même l'entracte. Pour toutes ces raisons, Dabangg évoque beaucoup plus le cinéma du Sud que le Bollywood d'aujourd'hui.

Le gros problème, c'est que contrairement aux masalas de Prabhas où de Surya, Dabangg n'a pas de héros charismatique. Salman, qui devrait porter le film sur ces épaules, n'a pas tout à fait la présence ni le charme nécessaires pour rendre sympathique un personnage corrompu et violent, qui a en plus droit aux dialogues les plus vulgaires du film (du genre : "si tu ne m'obéis pas je vais te percer de tellement de trous que tu ne sauras plus par lequel respirer et par lequel péter". Affligeant). Par ailleurs Miss Sinha va devoir apprendre à faire autre chose que baisser les yeux et prendre l'air triste si elle veut se faire un prénom. Le reste du casting est plus sympa, de Vinod Khanna qu'on est toujours content de retrouver, à Sonu Sood de plus en plus cantonné dans les rôles négatifs.
Le scénario est assez primaire et joue à fond la carte du talion et de la violence racoleuse, qui culmine lors du final, où l'on voit (spoiler : sélectionnez la zone ci-dessous)

Salman faire respirer au personnage de Sonu Sood des gaz d'échappement jusqu'à ce qu'il en meure, pour le punir d'avoir tué sa mère en l'étouffant. Ce meurtre est rappelé plusieurs fois dans des flashback franchement pesants.

Heureusement que les chorégraphies sont toutes très soignées et pour certaines franchement réussies, et nombreuses, et que la musique est agréable.


"Munni badnaam hui", l'item number de Malaika Arora, certainement le plus gros hit de 2010 :



Et enfin, Ishqiya. Il serait un peu ridicule, vu le peu d'étendue du corpus, de jouer au jeu des classements, mais je peux dire qu'Ishqiya a été de loin mon film préféré. Le film est loin d'être parfait pour autant : le scénario est un trop tarabiscoté, et son dénouement aurait pu être mieux amené. Mais on s'intéresse vraiment aux relations des trois personnages, c'est rythmé et souvent drôle, les trois acteurs sont épatants, et la musique est splendide.


"Dil to bachcha hai ji". Je suis complétement accro à cette chanson. Les paroles sont traduites (et explicitées) ici.


ibn-e-batuta : Sukhwinder !!






Et 2011 ?

Et bien j'attends surtout deux films : La production Disney Anaganaga Oka Dheeru, Avec Siddharth et Shruti Hassan. Siddharth + Fantasy = que du bonheur.



Et Saat Khoon Maaf ("sept meurtres pardonnés"), dans lequel Priyanka Chopra épouse, entre autres, John Abraham, Irfan Khan et Naseeruddin Shah. Le fils cadet de ce dernier fait d'ailleurs ses débuts dans ce film (vu le léger air de famille, c'est vraisemblablement le jeune homme qui se fait embrasser par Priyanka, et dont on voit le profil au premier plan à la fin)




traduction de ce que dit Priyanka (améliorations et remarques bienvenues en commentaires !) : "Toutes les épouses du monde se sont forcément demandé, à un moment ou un autre,comment elles pourraient se libérer pour toujours de leur mari."