7.10.09

La chimie en sari

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Les héroïnes de films indiens n'ont longtemps eu que peu de carrières possibles : quand elles avaient un travail, ce qui n'était pas si fréquent, elles étaient en général médecins (ou infirmières) ou enseignantes, deux des rares professions considérées comme acceptables pour une jeune femme respectable, selon la vieille répartition des tâches qui veut que la femme élève les enfants et prenne soin des malades de la famille.

Voici quelques unes des plus mémorables filmi adhyaapikaen :

Un cas intéressant pour commencer, celui du professeur de danse, situé quelque part entre l'enseignante de matières scolaires (profession respectable pour une héroïne) et la danseuse professionnelle (personnage toujours ambiguë):
Madhuri, occupée à recruter ses élèves :





Malgré les facilités évidentes que présente le personnage du prof de danse en termes d'insertion des numéros dansés, celui-ci n'est pas, et de loin, le membre du corps enseignant le plus représenté dans le cinéma du sous-continent.


Ce titre revient à l'institutrice, dont l'âge d'or semble avoir été la belle période des Nargis et Waheeda Rehman.

Nargis donc, dans Shree 420, met en place une pédagogie ludique fondée sur la devinette. En musique, évidemment.







On remarquera que le cours est perturbé par les interventions du personnage masculin, motif qu'on retrouvera dans Swades. Shahrukh entre dans la classe et ridiculise Geeta l'institutrice devant ses élèves en évoquant le temps où elle était petite fille, puis fait mine de faire cours, minant ainsi totalement son autorité.




Geeta a des convictions, et elle rejette un prétendant qui lui demandait d'abandonner son métier après le mariage, mais l'irruption de Mohan dans sa vie modifie quelque peu sa façon de faire cours (à partir de 2'03'' dans cette vidéo).

Esha Deol
doit également faire face à l'arrivée inopinée de son ami dans Yuva (Ajay Devgan) et Aayitha Ezhuthu (Surya), deux versions, l'une en hindi, l'autre en tamoul, du même film dans lequel elle enseigne... le français !

Mais revenons à nos années 50, et aux maîtresses d'école : Geeta Dutt prête sa voix à Waheeda Rehman pour son cours de maths, avant que celle-ci ne renonce à l'enseignement et à son petit village pour partir à Bombay vivre au milieu des fleurs de papier (Kaagaz ke phool) de l'industrie du cinéma. L'opposition entre les deux mondes est très clairement établie dans le film.





Quand notre héroïne enseigne à des élèves plus âgés, elle peut être, comme dans Yuva, professeur de français, ou alors, comme Sushmita Sen, prof de chimie, mais l'on soupçonne Farah Khan de ne lui avoir attribué cette matière que pour pouvoir faire un jeu de mot en disant qu'elle et le major Ram "share a great chemistry", ce qui est incontestable :




Et parce que ça vaut de l'or, l'arrivée de Miss Chandni dans le lycée. Je veux bien un comité d'accueil comme ça ^^.



"What a lovely saree" : tout à fait d'accord. Et la pochette assortie, la classe !