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4.1.11

Adieu 2010

7 commentaires


Cela devient une habitude : en chaque début d'année, je réalise que je n'ai vu qu'un petit nombre de films de l'année précédente, en partie en raison du décalage entre la sortie en salle et la sortie du DVD, en partie parce que je regarde de plus en plus de film déjà anciens, aux dépens des films de l'année en cours.

Le bilan de 2010 sera donc vite fait : cinq films vus seulement !

Trois films hindi : Dabangg, Ishqiya, My name is khan, un film tamoul , Raavanan, et un film télugu, Leader.


Que peut-on dire, avec le recul, de ces quelques films ?

De Leader je garde le souvenir d'un film agréable à regarder, mené par Rana Daggubati, qui ne l'est pas moins. On y voit le fils d'un Chief Minister assassiné se lancer en politique, et oublier très vite ses beaux idéaux. Je me souviens aussi m'être dit que Rana aurait pu être plus expressif. Mais le film m'a tellement peu marquée que j'ai dû en relire le résumé sur Wikipédia pour pouvoir écrire ces quelques mots.




Raavanan restera la grosse déception de l'année, et m'amène à admettre finalement une conclusion que je m'étais longtemps refusée à accepter : les films de Mani Ratnam ne sont plus ce qu'ils étaient... De jolies images vides de sens, une narration artificiellement complexe qui empêche d'entrer dans l'histoire et n'apporte, là non plus, pas beaucoup de sens, et des personnages très creux, ce qui est un véritable gâchis vu le casting. J'en parlais un peu ici.

L'année a-t-elle était plus satisfaisante du côté de Mumbai ?

Avec My Name is Khan Karan Johar décidait de s'attaquer à un sujet à l'exact opposé de ses films précédents, l'histoire d'un musulman atteint du syndrome d'Asperger en lutte contre l'islamophobie qui a coûté la vie à son fils. Sauf que son style n'a pas changé du tout, et que le sujet aurait sans doute exigé quelques nuances (un mot absent de son vocabulaire), un scénario un tout petit peu plus crédible, et un minimum de documentation sur les Etats américains où l'action est censée se passer (disons que l'image du sud des Etats-Unis donnée par My Name is Khan est aussi réaliste que celle qu'Indiana Jones et le temple maudit donnait de l'Inde) Néanmoins la première partie est vraiment plaisante, Kajol est rayonnante, et Shahrukh se débrouille plutôt bien ! Et Karan n'a pas oublié comment nous faire pleurer à chaudes larmes, je pense en particulier à la scène où Rizvan se joint à la chorale interprétant We shall overcome en chantant la version hindi de cette chanson, Hum honge kamyab.

Le trailer de Dabangg promettait un masala bien sympathique comme on en voit plus au sud qu'au nord de l'Inde.



Voici ce que j'en disais ailleurs :

Chulbul Pandey, flic policier corrompu mais au grand coeur, s'oppose à son beau-père et à son demi-frère, ainsi qu'à un homme politique véreux dont il a contrecarré les plans.

Dabangg est un gros masala à l'ancienne (malgré sa durée assez courte, environ 2h), comme on n'en voit plus dans le cinéma hindi. Les personnages appartiennent à des milieux relativement modestes, peu occidentalisés. Le héros bénéficie d'une introduction dans les règles de l'art, lors d'une baston surréaliste puis dans une chanson à sa gloire ("il n'a peur de rien, il est capable de tout..." disent les paroles). Ce sont des aspects qui me plaisent bien. Quant à l'héroïne, elle n'a strictement rien à faire, si ce n'est se laisser séduire par le héros (c'est à dire regarder Salman passer à tabac quelques gangsters devant elle), et son histoire arrive à une conclusion avant même l'entracte. Pour toutes ces raisons, Dabangg évoque beaucoup plus le cinéma du Sud que le Bollywood d'aujourd'hui.

Le gros problème, c'est que contrairement aux masalas de Prabhas où de Surya, Dabangg n'a pas de héros charismatique. Salman, qui devrait porter le film sur ces épaules, n'a pas tout à fait la présence ni le charme nécessaires pour rendre sympathique un personnage corrompu et violent, qui a en plus droit aux dialogues les plus vulgaires du film (du genre : "si tu ne m'obéis pas je vais te percer de tellement de trous que tu ne sauras plus par lequel respirer et par lequel péter". Affligeant). Par ailleurs Miss Sinha va devoir apprendre à faire autre chose que baisser les yeux et prendre l'air triste si elle veut se faire un prénom. Le reste du casting est plus sympa, de Vinod Khanna qu'on est toujours content de retrouver, à Sonu Sood de plus en plus cantonné dans les rôles négatifs.
Le scénario est assez primaire et joue à fond la carte du talion et de la violence racoleuse, qui culmine lors du final, où l'on voit (spoiler : sélectionnez la zone ci-dessous)

Salman faire respirer au personnage de Sonu Sood des gaz d'échappement jusqu'à ce qu'il en meure, pour le punir d'avoir tué sa mère en l'étouffant. Ce meurtre est rappelé plusieurs fois dans des flashback franchement pesants.

Heureusement que les chorégraphies sont toutes très soignées et pour certaines franchement réussies, et nombreuses, et que la musique est agréable.


"Munni badnaam hui", l'item number de Malaika Arora, certainement le plus gros hit de 2010 :



Et enfin, Ishqiya. Il serait un peu ridicule, vu le peu d'étendue du corpus, de jouer au jeu des classements, mais je peux dire qu'Ishqiya a été de loin mon film préféré. Le film est loin d'être parfait pour autant : le scénario est un trop tarabiscoté, et son dénouement aurait pu être mieux amené. Mais on s'intéresse vraiment aux relations des trois personnages, c'est rythmé et souvent drôle, les trois acteurs sont épatants, et la musique est splendide.


"Dil to bachcha hai ji". Je suis complétement accro à cette chanson. Les paroles sont traduites (et explicitées) ici.


ibn-e-batuta : Sukhwinder !!






Et 2011 ?

Et bien j'attends surtout deux films : La production Disney Anaganaga Oka Dheeru, Avec Siddharth et Shruti Hassan. Siddharth + Fantasy = que du bonheur.



Et Saat Khoon Maaf ("sept meurtres pardonnés"), dans lequel Priyanka Chopra épouse, entre autres, John Abraham, Irfan Khan et Naseeruddin Shah. Le fils cadet de ce dernier fait d'ailleurs ses débuts dans ce film (vu le léger air de famille, c'est vraisemblablement le jeune homme qui se fait embrasser par Priyanka, et dont on voit le profil au premier plan à la fin)




traduction de ce que dit Priyanka (améliorations et remarques bienvenues en commentaires !) : "Toutes les épouses du monde se sont forcément demandé, à un moment ou un autre,comment elles pourraient se libérer pour toujours de leur mari."