11.7.12

Un mois de cinéma : jour 1

0 commentaires
Je suis tombé à plusieurs reprises ces derniers mois sur des défis intitulés "30 Day Movie Challenge". Il y a plusieurs versions en circulation, mais le principe est toujours le même : un film par jour pendant un mois, selon des critères de choix préétablis. Voici la version que je me propose de suivre, en me limitant au cinéma indien :

Day 01- The best movie you saw during the last year
Day 02 – The most underrated movie
Day 03 – A movie that makes you really happy
Day 04 – A movie that makes you sad
Day 05 – Favorite love story in a movie
Day 06 – Favorite made for TV movie
Day 07 – The most surprising plot twist or ending
Day 08 – A movie that you’ve seen countless times
Day 09 – A movie with the best soundtrack
Day 10 – Favorite classic movie
Day 11 – A movie that changed your opinion about something
Day 12 – A movie that you hate
Day 13 – A movie that is a guilty pleasure
Day 14 – A movie that no one would expect you to love
Day 15 – A character who you can relate to the most
Day 16 – A movie that you used to love but now hate
Day 17 – A movie that disappointed you the most
Day 18 – A movie that you wish more people would’ve seen
Day 19 – Favorite movie based on a book/comic/etc.
Day 20 – Favorite movie from your favorite actor/actress
Day 21 – Favorite action movie
Day 22 – Favorite documentary
Day 23 – Favorite animation
Day 24 – That one awesome movie idea that still hasn’t been done yet
Day 25 – The most hilarious movie you’ve ever seen
Day 26 – A movie that you love but everyone else hates
Day 27 – A movie that you wish you had seen in theaters
Day 28 – Favorite movie from your favorite director
Day 29 – A movie from your childhood
Day 30 – Your favorite movie of all time

*****

Jour 1 – Le meilleur film vu l'année dernière :  Zindagi Na Milegi Dobara, de Zoya Akhtar.
Certes, ce road movie ne révolutionne pas le genre (trois amis font le tour de l'Espagne avant le mariage de l'un d'entre eux), mais il est bien écrit, bien joué, et permet de passer deux heures et demi dans de magnifiques paysages espagnols. Ses points forts : des personnages creusés, interprétés avec beaucoup de subtilité par trois acteurs qui se complètent à merveille, et un rythme qui n'est pas celui d'une pure comédie – bien que les passage comiques soient vraiment drôles (Ah, Bagwati...) – mais laisse à l'émotion le temps de naître. Un bon film qui aurait pu être excellent si la musique avait été un peu plus soignée.



8.7.12

Trishna (2012)

0 commentaires
Trishna, issue d'une famille pauvre, travaille de temps à autre comme serveuse dans un hôtel. Jay, un riche touriste, la remarque, et lui offre un emploi plus stable à Jaipur, dans un des hôtels que possède son père. Une idylle se noue, et après quelques péripéties, Jay lui propose de partir avec lui à Bombay. Trishna accepte. Mais leur relation, qui ne réussit pas à effacer la différence de classe, se déséquilibre encore plus lorsque Jay reprend les commandes d'un hôtel, et embauche de nouveau Trishna comme employée. 

Trishna est librement adapté de Tess d'Urberville, transposé de nos jours, dans un Rajasthan décidément très photogénique. L'histoire est considérablement simplifiée, notamment en faisant disparaître un des deux hommes qu'a aimés Tess. Pas sûr que cette simplification ait été une bonne chose car cela affaiblit considérablement l'enjeu de l'aveu de Trishna à Jay : dans le livre, Tess hésite à avouer à Angel qu'elle a connu un autre homme avant lui, elle craint qu'Angel ne la quitte en l'apprenant ; ici, puisque les deux hommes ont été fusionnés, Michael Winterbottom a dû inventer un autre secret : Trishna a avorté d'un enfant qu'elle attendait de Jay, au début de leur liaison. Mais ce secret n'est pas utilisé comme ressort dramatique : on n'a pas l'impression que Trishna est prise dans un dilemme et hésite à le révéler, si bien que la partie à Bombay, qui aurait dû correspondre à l’apparition du deuxième homme de la vie de Tess si le film avait choisi de suivre le livre sur ce point, est la plus faible du film : trop longue, et sans enjeu. 

Ce défaut est d'ailleurs présent, quoique de façon moins marqué, dans l'ensemble du film : Trishna manque d'enjeu dramatique : tout est très joli, les paysages comme les acteurs, mais reste hélas surtout illustratif. Et Freida Pinto et Riz Ahmed, que j'ai pourtant apprécié dans Four Lions, n'arrivent malheureusement pas à donner de l'épaisseur à leur personnage. A noter une apparition de Roshan Seth (le Nehru du film Gandhi), qui se fait rare au cinéma depuis quelques années.


La musique est belle, trop belle presque : signée Shigeru Umebayashi, le compositeur de In The Mood For Love et de 2046, elle évoque irrésistiblement les films de Wong Kar-Wai. Une musique très ample, très dramatique, qui accompagnait à merveille les films du réalisateurs hongkongais, mais souligne par contraste la relative fadeur de Trishna. On entend également, et c'est toujours un plaisir, deux morceaux de Nusrat Fateh Ali Khan. Amit Trivedi signe les chansons originales, jolies mais sans plus.

Le compositeur indien fait d'ailleurs une apparition dans son propre rôle, aux cotés du réalisateur Anurag Kashyap et de l'actrice Kalki Koechlin. Le clin d’œil est sympathique, mais n'apporte pas grand chose au film.