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10.7.09

Vivah - 2006

5 commentaires

Poonam est une jeune orpheline élevée par son oncle et sa tante. Bien que ce soit une jeune femme modèle, cette dernière la déteste car elle fait de l'ombre à sa fille. Un ami de son oncle propose de présenter Poonam à Prem, jeune homme de bonne famille, en vue d'un mariage ("vivaah"). Poonam et Prem se plaisent instantanément.

J'avais plein de bonnes raisons de ne pas regarder ce film :

- Hum Aapke Hain Koun, du même réalisteur, m'avais profondément ennuyée.
- L'idéologie qu'il défend de film en film me file des boutons.
- Je ne suis pas du tout fan des acteurs (Shahid Kapur et Amrita Rao)
- "A journey from engagement to marriage"... clairement pas mon type de film.

Mais la curiosité a eu le dessus (après tout ce film a connu un beau succès commercial), et je l'ai mis dans le lecteur, en m'attendant à finir le film passablement énervée.

Mais je n'ai pas jeté le DVD par la fenêtre, et j'ai fini le film sans m'être mise en rogne. Sooraj R. Barjatya est habile, il vous enveloppe dans la guimauve et le miel : les mélodies sont douces, les couleurs pastel, Shahid attendrissant (contrairement à une idée répandue, il n'avait pas 15 ans à l'époque du tournage, mais 25 ans ^^) et pendant les trois quarts du film le pire danger que courent les personnages est d'attraper un rhume ; leur seul dilemme est de savoir s'ils ont le droit de discuter en tête à tête. Le seul véritable évènement, dramatique, arrivera selon la recette de Hum Aapke Hain Koun, après 2h de film. Selon la sensibilité de chacun, l'ensemble oscille entre mignon et niais. Pas vraiment énervant à première vue, juste un peu abrutissant.



Et pourtant, malgré ses apparence inoffensives, Vivah est un film engagé, engagé pour la défense d'une vision très conservatrice de la société indienne, et en particulier du rôle de la femme hindoue. Il n'y a qu'à voir le contraste établi entre Poonam et sa cousine. Poonam, la jeune fille idéale, est réservée, docile et dévouée à sa famille. Traduisez : elle est d'une timidité maladive (la première rencontre avec Prem !), passive, et renoncerait sans peine à mener une vie heureuse. Comme dans HAHK, la catastrophe finale est pour elle l'occasion de montrer qu'elle est prête à se sacrifier. Sa cousine au contraire est extravertie et sûre d'elle ; en outre elle a la peau foncée, c'est lourdement souligné par les dialogues - alors que les maquilleurs ont étalé une bonne couche de fond de teint blanc sur le visage d'Amrita Rao - : personne ne veut donc l'épouser. Poonam en revanche est l'épouse idéale, celle qui fait dire à son oncle "comment peut-on dire que les filles sont des fardeaux pour leur père, alors qu'elles passent toute leur existence à s'occuper de leur famille et à se dévouer pour elle?". Cette déclaration est présentée comme progressiste (il s'agit de lutter contre l'idée qu'une fille coûte cher à sa famille et ne rapporte rien ; plus tard le film dénonce également les Dowry deaths -"morts pour cause de dot insuffisante"), mais j'ai quand même déjà vu plus féministe comme programme.






vous savez quoi ? je vais quand même remettre ça avec Ek Vivaah.. Aisa Bhi. Pour Sonu Sood.


DVD Bollywood Zone, sous-titres français pas professionnels, mais compréhensibles ; image assez moyenne.

7.1.07

Main Hoon Na (2004)

10 commentaires

Main hoon na
est sans doute le meilleur moyen d'éviter l'habituelle déprime de fin de vacances. J'ai rarement vu un film aussi divertissant, qu'on regarde du début à la fin avec un sourire jusqu'aux oreilles et qui vous laisse de bonne humeur pour une semaine.



Le scénario est assez improbable : Un terroriste décide d'empêcher l'Inde de relâcher des prisonniers pakistanais. Pour ce faire il menace la fille (Amrita Rao) du général chargé de l'opération. Celui-ci charge le major Ram (Shahrukh Khan) de protéger Sanjana incognito, et ne trouve rien de mieux que de faire passer ce dernier, âgé d'à peu près trente ans, pour un étudiant. En même temps qu'il s'acquitte de sa mission, Ram va tâcher de se réconcilier avec sa belle-mère et son demi-frère Lakshman (Zayed Khan), étudiant dans la même école.

Lakshman et Sanju

Le premier film réalisé par Farah Khan, mieux connue pour ces chorégraphies dans les plus grosses productions Hindi actuelles, est à mon avis presque un sans faute. Les scènes d'actions sont bien menées, avec de constantes références tant au cinéma de HongKong qu'à des films genre Matrix : major Ram traverse un studio télé en un seul bond, et au ralenti s'il vous plait, major Ram poursuit et rattrape une voiture sur un simble vélo, major Ram échappe à diverses explosions... c'est vraiment nettement meilleur que ce que nous offre d'ordinaire Bollywood dans ce domaine, et assez parodique pour qu'on ne s'ennuie pas.

le face-à-face final


Il y a même des colombes...


Là où Main Hoon Na est le plus fort, c'est dans le registre de la comédie pure. Les gags pleuvent, servi par un Shahrukh Khan qui fait preuve d'un tel talent comique qu'on regrette de ne pas le voir plus souvent dans ce registre. Une grande partie de l'humour s'appuie sur le décalage entre Ram, engoncé dans ses pulls ringards (bravo à Karan Johar pour les costumes de Shahrukh, tous géniaux), et son demi-frère, archétype du cancre super-cool que tout le monde adore. Mais les passages les plus drôles sont les apparitions de la belle prof de chimie (Sushmita Sen), qui déclenche chez Ram une réaction presque pathologique : malgré tous ses efforts il ne peut pas s'empêcher de chanter dès qu'il la voit.


Tout ceci est évidemment très parodique, et les chorégraphies (un vrai régal) vont encore plus loin dans ce sens. Les plus réussies sont Tumhein jo maine dekha et ses décors artificiels,


et Tumse Milke dil ka, sorte de qawwali megalo et diablement rythmé.



Le seul (petit) point faible réside dans les scènes censées être émouvantes, qui ne fonctionnent pas toutes très bien : les personnages sont trop caricaturaux pour qu'on compatisse vraiment.



Le dvd Eros propose aussi une version du film commentée par la réalisatrice. Ses remarques sont drôles et intéressantes, elle révèle des trucs de mise en scène, des astuces pour que le film coûte moins cher...