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26.4.20

Mr & Mrs 55 (Guru Dutt, 1955)

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Anita (Madhubala), 20 ans, s'apprête à toucher l'héritage de son père. Mais celui-ci a mis une condition dans son testament : pour avoir l'argent, sa fille devra se marier dans le mois. Or sa tante, qui l'élève, est une militante féministe farouchement opposée au mariage. Elle décide donc de payer quelqu'un pour épouser Anita et divorcer dans les jours qui suivent. C'est Pritam (Guru Dutt), dessinateur sans le sou, qui est embauché. Mais Anita et Pritam se connaissent déjà et s'apprécient beaucoup...


"Le mari d'une héritière admet un adultère" - cela nous est dit dès le générique de début : toute l'intrigue ou presque sera donc un flash-back

Il se dégage de ce film, surtout dans la première partie, une ambiance de comédie romantique américaine. Je n'ai pas été surprise de lire que le projet de la tante d'Anita était inspiré par un film américain dans lequel une Européenne décide d’épouser contre rémunération un acteur américain au chômage afin de pouvoir vivre aux USA, à la condition qu'il accepte de divorcer rapidement (raconté par Abrar Alvi, cité par Nasreen Munni Kabir). Si quelqu'un connaît le titre de ce film, je suis preneuse ! Il règne sur le film une atmosphère de légèreté amoureuse, d'humour diffus. Même l’extrême pauvreté de Pritam est traitée sans le moindre pathos (après qu'il a fait une remarque sur la pauvreté de la population,  à la tante qui lui demande "Are you a communist ?" il répond "No, I'm a cartoonist". Tout est dit sur l'aspect politico-social du film : nous sommes dans la caricature, la satire. Nous y reviendrons.)

 
 

Les chansons sont toutes des chansons d'amour, le plus souvent joyeuses, à l'image de ces deux passages : dans le premier, Pritam vient de rencontrer Anita qui lui est littéralement tombée dessus. Interrogé par son ami sur son silence, il répond en chantant  :


 

Quelques minutes plus tard à peine, une autre chanson nous révèle qu'Anita est elle aussi d'humeur amoureuse (d'un autre homme, mais c'est un détail qui sera vite réglé).

 

Deux scènes filmées tout en mouvement, qui respirent le bonheur de sentir son cœur battre pour quelqu'un. Le film est rythmé et porté par des dialogue vifs et drôles. Il a incontestablement tous les ingrédients d'une bonne comédie romantique.

Hélas, le film a très mal vieilli. C'est en effet une critique féroce du féminisme, présenté comme un mode de vie venu d'occident (alors que le féminisme proprement indien est bien documenté, par exemple dans  The History of Doing et existe depuis longtemps). 


Dès la première scène, on sent que c'est mal parti : on voit les auditrices d'un meeting féministe peu concentrées échanger des conseils beauté au lieu d'écouter l'oratrice.
La leader féministe, c'est tante d'Anita, véritable tyran assez ridicule (elle est toujours suivie de sa secrétaire qui prend tout en note). Anita et sa tante sont présentées comme totalement déconnectées de la réalité de l'Inde par leur richesse et leur occidentalisation (à Pritam qui lui dit qu'il n'a pas de pain, Anita lui dit d'acheter des biscuits). C'est quand Pritam emmène de force sa nouvelle épouse au village voir sa belle-sœur, qu'elle "découvre" que l'on peut être heureuse en épouse traditionnelle, avec trois enfants, toutes les corvées domestiques à faire, et un mari qui vous frappe occasionnellement (et oui... le film a beaucoup vieilli) ...La belle-sœur est jouée par Kumkum, actrice charmante et talentueuse, et est clairement présentée comme le modèle de la femme indienne.


Un beau « straw man », procédé rhétorique consistant à déformer les propos de son adversaire pour en faire un argument facilement réfutable



Bref, soit on se laisse emporter par l'intrigue et l’atmosphère légèrement euphorisante qui règne sur la plus grande partie du film, soit on grince des dents devant un discours si réactionnaire.

Le film est visible sous-titré en anglais sur Youtube .

J'ai utilisé ici encore Guru Dutt : A Life In Cinema de Nasreen Munni Kabir

5.3.20

Aiyyaa (2012)

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Aiyya est typiquement le film à voir une fois que l'on a regardé quelques films hindi et tamouls, sans quoi on risque de passer à côté de pas mal de choses.
Mais si c'est le cas, foncez sur cette comédie complétement barge, vous ne le regretterez pas.


Meenakshi (Rani Mukherjee), plus si jeune fille que sa famille cherche absolument à marier, fait le désespoir de ses proches. Elle est légèrement excentrique (comme toute sa famille), sait ce qu'elle veut, et ce qu'elle veut, c'est vivre dans un film. Mamooli nahin main larki (je ne suis pas n'importe qui) chante-t-elle dès le tout début du film.

Or, entre deux entrevues avec des prétendant, Meenakshi a enfin rencontré l'homme de ses rêves, celui qui lui semble sorti d'un film, et il est désormais hors de question qu'elle épouse quelqu'un d'autre : alors qu'elle travaille à la bibliothèque d'une école d'art, elle sent le parfum unique et irrésistible d'un étudiant.



Cet amour semble d'abord à sens unique.
Surya, l'étudiant tamoul (joué par l'acteur malayalam Prithviraj), l'ignore superbement. Le crush de Meenakshi est présenté dans ce qu'il a de plus irrationnel : Surya est impoli, toujours débraillé, probablement un soûlard, et peut-être même un drogué, mais Meenakshi fantasme quand même sur lui. Avoir convoqué l'odorat, le plus primaire des sens, comme moteur du désir est une belle idée. Et puis, Meenakshi a vu trop de films pour douter que Surya finira par l'aimer si elle fait tout son possible. Elle le suit au flair à travers la ville, et va jusqu'à apprendre le tamoul (à l'aide de phrases comme "laisse ouvert le bouton de ta chemise" ou "je préfère les peaux foncées"...). Et c'est dans cette langue qu'elle fera son dernier monologue. Grand respect pour Rani, le tamoul est une langue qui m'a toujours paru impossible à apprendre. D'ailleurs, le film se moque gentiment des gens qui veulent s'y risquer dans une chanson en simili-tamoul :


Un des jeunes gens que lui présente ses parents est pourtant, gentil, intelligent et attentionné. Mais le cœur à ses raisons... (et puis le jeune homme est fan de cinéma d'auteur des années 80, bien différent des films colorés dont Meenakshi raffole. Bref, il est trop raisonnable, et honnêtement, c'est bien le seul dans ce film assez frappé.)

Autour de Meenakshi gravitent des personnages plus ou moins cinglés. Son père collectionne les téléphones, son frère les chiens errants. Sa collègue à la bibliothèque est complétement, mais alors complétement déjantée (et très drôle).


Mon seul problème avec ce film est le côté assez répétitif des mimiques de Rani Mukherjee tentant de se faire passer pour une fille timide et traditionnelle devant les familles des prétendants.

J'ajouterai que Rani et Prithviraj sont tout deux extrêmement sexy.


15.8.12

Jour 25 - Le film le plus drôle

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Le film le plus drôle que j'ai vu est loin d'être une comédie innocente : il s'agit d'une satire féroce d'une société corrompue jusqu'à la moelle. Une satire qui prend les voie inattendues de l'absurde et du slapstick, de gags que l'on imaginerait plus dans un dessin animé. Il y est question de deux photographes témoins d'un meurtre, et du cadavre de la victime, trimbalé d'un bout à l'autre de Bombay (en patins à roulette, notamment) lors d'une séquence d'anthologie . Et encore, Kundan Shah a renoncé à certaines idées prometteuses, telles qu'un gorille dissertant sur la condition humaine, et une partie d'échec remportée par ledit cadavre. 
L'affiche est immonde. Promis, le film vaut mieux que ça.


Le tournage du film a eu lieu dans des conditions épouvantables : budget tellement réduit que les acteurs ont du fournir eux-même une partie des costumes et l'appareil photo, et malentendu constant entre le réalisateur Kundan Shah et la star, Naseeruddin Shah, très soucieux de réalisme, et incapable de comprendre que des scènes aussi absurdes puissent faire rire.
Mais rien de cela ne transparaît, et Jaane Bhi Do Yaaro est un film extrêmement drôle. Et pourtant, le regard qu'il porte sur la société indienne est très sombre. Nos deux héros ne peuvent pas faire grand chose face à l'ampleur de la corruption, et lorsque le film s'achève, le rire s'est fait amer.

(pour les références des anecdotes, voir la page Wikipédia consacrée au film)

31.7.12

Jour 14 - Un film qui m'a plu contre toute attente

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Dostana. Franchement, un film avec John Abraham (qui joue faux dans neuf films sur dix), Bobby Deol (un peu moins horripilant que son frère Sunny, mais de peu), Priyanka Chopra (qui joue moins faux que d'autres ex-Miss, mais reste assez peu nuancée) et juste Abhishek, qui n'est même pas vraiment un de mes acteurs préférés, pour remonter un peu le niveau, aucune chance que ça me plaise.
Et puis les comédies romantiques mettant en scène de très riches NRI branchés (John est photographe, Priyanka travaille dans un magazine de mode, c'est dire !) et peu vêtus, j'en ai plus qu'assez. Abhishek joue un infirmier, d'accord, mais ça ne va pas suffire.
Enfin le pitch (John et Abhishek prétendent être en couple pour pouvoir loger chez Priyanka puis se disputent secrètement la belle, sans révéler la supercherie) fait vraiment peur quand on sait la finesse avec laquelle Bollywood aborde les thématiques LGBT.

Et pourtant...

C'est le second degré qui sauve le film. John Abraham est très drôle et fait preuve de beaucoup d'auto-dérision. Il est la victime des gags les plus percutants du film, qui se jouent de son image de sex-symbol. Le reste des acteurs assure, bien que Bobby Deol ne soit pas très crédible en prince charmant.
Sans surprise, le film se lance sur le terrain de l'humour lourd. Imaginez ce que peut donner le spectacle de deux hommes hétéros, pleins de préjugés sur l'homosexualité, qui font semblant d'être gays. Mais le miracle, c'est que ça marche. Et que les passages les plus drôles sont même ceux où le trait est le plus forcé (le récit (fictif) de la première rencontre du faux couple).

Alors non, Dostana n'est pas parfait, et traine en longueur vers la fin. Non, ce n'est pas le film le plus subtil réalisé sur l’homosexualité. Le film a plutôt tendance à entretenir les clichés, mais il faut tenir compte du fait que le cinéma indien part de très loin. Dostana montre même une certaine avancée des mentalités en présentant des personnages qui acceptent presque tous sans problème l'homosexualité supposée des héros. Seule la mère d'Abhishek y trouve à redire, mais son attitude est tournée en ridicule. Je crois d'ailleurs que le film a été plutôt bien reçu dans la communauté gay indienne.

Et j'ai beaucoup aimé qu'à la fin (spoiler) Priyanka aille avec Bobby et non avec un de ses deux menteurs de colocs, qui l'ont traitée du début à la fin comme un objet à conquérir.

Et j'adore "Desi Girl":

10.8.11

Quelques mots sur trois films récents : Buddha Hoga Tera Baap, Zindagi Na Milegi Dobara et I Am

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Buddha Hoga Tera Baap, de Puri Jagannath, avec Amitabh Bachchan, Hema Malini, Charmee, Sonu Sood.

Drôle de film qui pourrait servir de clip promotionnel à une nouvelle édition des classiques de Big B, tant l'histoire (un gangster revient à Mumbai pour intervenir dans la lutte opposant un policier à la mafia de la ville) n'est qu'un prétexte pour nous montrer un Amitabh Bachchan toujours jeune et pour multiplier les hommages souvent drôles à ses films les plus connus. Sachant cela, je dois être la seule personne au monde à avoir regardé Buddha Hoga Tera Baap pas tant pour Amitabh que pour Sonu Sood, à qui Puri Jagannath a donné un rôle qui lui va comme un gant, et que je rêvais de le voir jouer depuis des années. J'ai également bien aimé Charmee. En revanche le rôle de Raveena Tandon est complétement ridicule, et Hema Malini ne fait guère plus qu'une apparition. Un film dont je n'attendais pas grand chose et qui finalement se laisse très bien regarder (d'autant qu'il ne dure que deux heures) !


* * * * *

I Am, d'Onir, avec Rahul Bose, Juhi Chawla, Nandita Das, Purab Kohli, Manisha Koirala, Arjun Mathur, Sanjay Suri

Superbe distribution (dont trois des acteurs de My Brother Nikhil) pour ce film composé de quatre court-métrages abordant quatre sujets de société rarement (voire jamais) traités dans le cinéma indien, le tout en un peu plus d'une heure et demie seulement. Quand on voit que Manisha en est réduite à jouer la mère d'acteurs à peine plus jeunes qu'elle dans d'autres films, on apprécie vraiment qu'Onir ait donné les trois principaux rôles féminins à trois excellentes actrices de plus de quarante ans. Nandita Das joue Afia, l’héroïne du premier film, qui souhaite avoir recours à un don de sperme pour avoir un enfant seule. Megha (Juhi Chawla), une hindoue, retourne dans son Cachemire natal, qu'elle avait dû fuir, pour vendre la maison de ses parents, et y retrouve une amie musulmane. Abhimanyu (Sanjay Suri) est hanté par le souvenir de sévices sexuels subis pendant son enfance. Et enfin, Jai (Rahul Bose), un homosexuel, est racketté par le policier qui l'a surpris en compagnie d'un prostitué.


Onir (et les deux autres scénaristes) exploite bien le format des courts-métrages, et réussit à faire vivre et évoluer de façon convaincante ses personnages en seulement vingt minutes. Les quatre scénarios sont vraiment habiles et m'ont à chaque fois surprise. I Am évite aussi bien les lourdeurs didactiques que le pathos excessif qu'on aurait pu craindre sur ce genre de sujets graves. L’atmosphère est cependant très sombre, et je ne pense pas que je reverrais de sitôt I Am Abhimanyu, presque insoutenable bien que les abus dont Abhimanyu est victime ne soient qu'évoqués. Un dernier point : je ne comprends pas bien pourquoi Onir a choisi de consacrer un des courts-métrages au Cachemire. Bien qu'il soit réussi, I Am Megha semble presque hors-sujet au milieu des autres films.

* * * * *

Zindagi Na Milegi Dobara, de Zoya Akhtar, avec Farhan Akhtar, Abhay Deol, Katrina Kaif, Kalki Koechlin, Hrithik Roshan

Je ne le sentais pas du tout ce film : affiche épouvantablement peu inventive qui mise tout sur le physique des acteurs, bande annonce qui semblait sponsorisée par le ministère espagnol du tourisme, et Shankar Ehsaan Loy pas franchement inspirés.

J'aurais dû faire confiance à Zoya et à ses acteurs (surtout à Fahran ; il faut toujours faire confiance à Farhan). Je n'arrive plus à sortir de ce film. J'en écoute même la musique (qui, je maintiens, n'est pas très bonne) tous les jours pour m'en remémorer les meilleurs moments. Impossible de quitter Imran, Arjun et Kabir.


De quoi s'agit-il donc ? De trois amis qui partent en bachelor trip en Espagne à l'occasion du mariage de l'un d'entre eux, et ont convenu de participer tous les trois à trois sports extrêmes : Kabir, le futur marié, choisit la plongée, Arjun le trader stressé et obnubilé par son travail le saut en chute libre. Imran, le troisième larron, qui espère secrètement retrouver en Espagne son père biologique, choisit un sport plus original, que je vous laisse découvrir (si vous n'avez pas vu les promos). Une histoire, je vous l'accorde, pas franchement originale.

La grosse surprise, ce n'est pas que Hrithik s'améliore de film en film : tous ceux qui suivent un peu sa carrière s'en sont aperçu. Ce n'est pas non plus la confirmation que Farhan est aussi bon acteur qu'il est réalisateur (voir meilleur à mon avis). Ce n'est pas la solidité d'un scénario aussi bien construit que celui de Luck By Chance, ni le refus des happy ends clichés - cela semble devenir la marque de fabrique de Zoya, ni l'évolution passionnante de ces trois personnages bien plus intéressants que ce que la promotion du film laissait craindre. Non, ce qui m'a vraiment agréablement surprise, c'est que derrière le dépliant touristique, ses paysages de rêve, ses héros riches et beaux, à côté des passages comiques efficaces mais attendus, Zoya réussit un film véritablement émouvant. Que l'amitié de ses trois héros sonne incroyablement juste. Qu'elle se permet de belles scènes contemplatives, d'une grande sérénité, bercées par la poésie d'Imran (en fait de Javed Akhtar), et offre ainsi à son deuxième film les respirations qui manquaient au trop dense Luck By Chance. Et la musique, si peu convaincante au premier abord, se charge d'émotion dans le film. Bonne idée d'ailleurs d'avoir fait chanter les acteurs eux-mêmes pour Señorita :





L'évident talent de Zoya Akhtar rend d'autant plus regrettable, en revanche, qu'elle n'ait pas jugé nécessaire de développer un tant soit peu les personnages féminins. Natasha est une harpie, sans aucun trait qui la rende attachante. Laila n'est guère plus que le love interest d'Arjun. Ne parlons même pas de Nuria, l'amour d'une nuit d'Imran. Après Luck By Chance et les beaux personnages de Sona et de Neena, on pouvait s'attendre à mieux.

6.7.11

Delhi Belly

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A Delhi trois colocataires voient leur vie chamboulée quand la copine de l’un d’entre eux accepte de transmettre un paquet que lui remet un Russe un peu louche. Leur situation est compliquée par la turista (aussi appelée « Delhi Belly ») qu’a contracté l’un d’entre eux et qui est à l’origine d’un rebondissement essentiel de l’intrigue ainsi que d’un bon nombre de gags scato.

Parmi les pubs avant le film il y avait la bande-annonce de Cowboys et Envahisseurs, un western avec des morceaux de science-fiction dedans :



Jamais vu un truc pareil, dites-vous ? Eh bien c’est exactement ce que je me suis dit à la fin de Delhi Belly. Sauf que je ne suis pas certaine que Cowboys et Envahisseurs soit un bon film, alors que Delhi Belly est sans aucun doute un des meilleurs films que j'ai vus cette année. Je ne suis pas près d'oublier le braquage en burqa de nos trois héros, ni Vijay Raaz et son gang aux prises avec l'otage le plus crétin de l'histoire du cinéma. Sans même parler des happy bananas. Ou de Disco Fighter et de sa pilosité.

La première surprise est le format du film, 1h40, quasiment pas de passages chorégraphiés, et des dialogues à 70% en anglais. Puis le choc d'un langage et d'un humour particulièrement cru (mais efficace), que je n'avais jamais imaginé entendre et voir dans un film indien. La satisfaction de voir qu'Imran Khan, la seule star du film, laisse aux autres acteurs, pour la plupart inconnus, l'occasion de briller. Le plaisir enfin de découvrir un scénario franchement bien ficelé et qui évite les clichés.

On lit un peu partout des critiques qui qualifient le film d'Abhinay Rao de Very Bad Trip indien. Pas d'inquiétudes à avoir, Delhi Belly n'a rien d'un plagiat, mais il y a clairement des points communs, dans l’humour et dans les personnages (Nitin, le barbu au sens moral déficient, évoque fortement le personnage de Zach Galifianakis). Il est cependant impossible d'imaginer l'action de Delhi Belly ailleurs qu'en Inde (poulet tandoori avarié et leçons de kathak y jouent un rôle crucial), et c'est ce qui fait à mes yeux le charme du film par rapport à son inspiration américaine.

et la musique est juste géniale (mais la traduction est bizarre dans cette vidéo...)

Delhi Belly passe jusqu’au 12 juillet à Saint-Denis. Il est sous-titré en (bon) français. Courrez-y !

7.1.07

Main Hoon Na (2004)

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Main hoon na
est sans doute le meilleur moyen d'éviter l'habituelle déprime de fin de vacances. J'ai rarement vu un film aussi divertissant, qu'on regarde du début à la fin avec un sourire jusqu'aux oreilles et qui vous laisse de bonne humeur pour une semaine.



Le scénario est assez improbable : Un terroriste décide d'empêcher l'Inde de relâcher des prisonniers pakistanais. Pour ce faire il menace la fille (Amrita Rao) du général chargé de l'opération. Celui-ci charge le major Ram (Shahrukh Khan) de protéger Sanjana incognito, et ne trouve rien de mieux que de faire passer ce dernier, âgé d'à peu près trente ans, pour un étudiant. En même temps qu'il s'acquitte de sa mission, Ram va tâcher de se réconcilier avec sa belle-mère et son demi-frère Lakshman (Zayed Khan), étudiant dans la même école.

Lakshman et Sanju

Le premier film réalisé par Farah Khan, mieux connue pour ces chorégraphies dans les plus grosses productions Hindi actuelles, est à mon avis presque un sans faute. Les scènes d'actions sont bien menées, avec de constantes références tant au cinéma de HongKong qu'à des films genre Matrix : major Ram traverse un studio télé en un seul bond, et au ralenti s'il vous plait, major Ram poursuit et rattrape une voiture sur un simble vélo, major Ram échappe à diverses explosions... c'est vraiment nettement meilleur que ce que nous offre d'ordinaire Bollywood dans ce domaine, et assez parodique pour qu'on ne s'ennuie pas.

le face-à-face final


Il y a même des colombes...


Là où Main Hoon Na est le plus fort, c'est dans le registre de la comédie pure. Les gags pleuvent, servi par un Shahrukh Khan qui fait preuve d'un tel talent comique qu'on regrette de ne pas le voir plus souvent dans ce registre. Une grande partie de l'humour s'appuie sur le décalage entre Ram, engoncé dans ses pulls ringards (bravo à Karan Johar pour les costumes de Shahrukh, tous géniaux), et son demi-frère, archétype du cancre super-cool que tout le monde adore. Mais les passages les plus drôles sont les apparitions de la belle prof de chimie (Sushmita Sen), qui déclenche chez Ram une réaction presque pathologique : malgré tous ses efforts il ne peut pas s'empêcher de chanter dès qu'il la voit.


Tout ceci est évidemment très parodique, et les chorégraphies (un vrai régal) vont encore plus loin dans ce sens. Les plus réussies sont Tumhein jo maine dekha et ses décors artificiels,


et Tumse Milke dil ka, sorte de qawwali megalo et diablement rythmé.



Le seul (petit) point faible réside dans les scènes censées être émouvantes, qui ne fonctionnent pas toutes très bien : les personnages sont trop caricaturaux pour qu'on compatisse vraiment.



Le dvd Eros propose aussi une version du film commentée par la réalisatrice. Ses remarques sont drôles et intéressantes, elle révèle des trucs de mise en scène, des astuces pour que le film coûte moins cher...

27.12.06

Baadshah (1999)

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Voilà un film que j'ai adoré, divertissant, très drôle, et qui ne se prend pas trop au sérieux !

Résumé (trèèèèès simplifié) en images:

Séquence pré-générique:

Un méchant industriel décide d'engager un tueur pour éliminer une ministre qui lui met des bâtons dans les roues (essayez de vous en souvenir, car on n'en reparlera pas avant l'entracte)


Nous faisons ensuite la connaissance de Baadshah, qui tente de récupérer des diamants volés. C'est un détective privé, un dur à cuire.

Il frime grave...



... mais ne gagne pas sa vie, ce qui le conduit à de pathétiques tentatives pour impressionner les clients potentiels, et met sa maman en rogne (laquelle a besoin de se faire opérer des yeux, c'est important pour la suite).



Alors quand un monsieur très riche lui demande de convaincre sa fille Seema d'épouser l'homme qu'il a choisi , il fait taire sa conscience et met au point un plan diabolique dont je passe les détails, sachez seulement que c'est absolument hilarant, qu'il y est notamment question d'une greffe d'yeux de grenouille et de chouette (pour voir le jour et la nuit), et que c'est evidemment prétexte à quelques chansons :




Tout marche comme prévu sauf que le père de la jeune fille n'est pas celui qu'il prétend être, mais un truand, tandis que Seema (qui en veut maintenant à mort à notre héros) est en réalité un agent secret.

Quand à notre Baadshah...



il est tombé amoureux, bien sûr.

Mi-temps, on souffle un peu

Revoilà l'embrouille politico-criminelle du début, et là, il faut se concentrer un peu si on veut tout comprendre (ce qui n'est pas forcément nécessaire vu le niveau de n'importe-quoi du scénario)
1. Les services de sécurité font venir en grand secret un agent secret pour protéger la ministre. Cet agent que personne ne connaît répond au nom de code de ... Baadshah.
2. Evidemment les méchants l'apprennent et décident de remplacer cet agent par un tueur à leur solde (qu'il n'ont jamais vu non plus).
3. Baadshah (le vrai, le nôtre), doit se rendre dans la ville de la ministre pour régler une affaire de kidnapping. Il prend le chef des services de sécurité pour le chirurgien chargé d'opérer sa mère, retrouve Seema, avant de sauver de justesse la ministre (oups, le gros spoiler ^^! Vous vous en doutiez un peu quand même, non?).

Entre temps, nous avons droit à des gadgets (on distingue les bonbons explosifs à gauche):



de la frime encore et toujours


de l'action


du suspense


des effets spéciaux à couper le souffle


des gags


des costumes splendides


et bien sûr,
des scènes romantiques!




Vous l'aurez compris, Baadshah est un film particulièrement crétin, au scénario totalement invraisemblable.
C'est aussi l'un de mes films indiens préférés, constamment parodique (avec de nombreuses références aux James Bond, aux films de Jacky Chan, et côté Bollywood à Baazigar et à Don, entre autres), presque toujours drôle, et porté par des acteurs déchainés.