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11.8.12

Jour 20 - Mon film préféré de mon acteur préféré

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Étape 1 : identifier mon acteur préféré. Il y a beaucoup de candidats : Shahrukh bien sûr, mais aussi Kamal Haasan, Shashi Kapoor, Nandita Das, Om Puri et quelques autres. Mais puisqu'il faut faire un choix, voici le vainqueur : un monsieur d'un certain âge, pas très beau, assez bougon (s'il ne se complaît pas dans le "c'était mieux avant" c'est uniquement parce que ce qui se faisait avant ne trouve pas non plus grâce à ses yeux), qui a tourné dans cent soixante-seize longs métrages dont quelques-uns des pires films qu'il m'ait été donné de voir (dont l'inénarrable Rajkumar). Mais aussi quelqu'un qui n'hésite jamais à jouer sous la direction de parfaits débutants pourvu que le projet lui paraisse intéressant, et qui a de fait participé à quelques-uns des films les plus originaux réalisés en Inde au cours des quarante dernières années. Un acteur capable d'interpréter une très large gamme de personnages, et dont la justesse m'impressionne presque toujours.
Vous aurez bien sûr reconnu Naseeruddin Shah.

Étape 2 : identifier mon film préféré de mon acteur préféré. Un bon vieux mélo familial (Masoom) ? Une très jolie histoire d'amour (Sparsh) ? Un "film de prison" surprenant et plein de rebondissements (3 Deewaarein) ?
Plutôt un des très nombreux films engagés qui ont fait la renommée de l'acteur : Aakrosh, de Govind Nihalani, avec Om Puri, Amrish Puri, Mohan Agashe et une apparition de Smita Patil.



Un Adivasi (nom générique des Aborigènes indiens), interprété par Om Puri, est accusé du meurtre de sa femme. Ce coupable un peu trop idéal est défendu par un tout jeune avocat, idéaliste, plein de fougue (joué avec beaucoup de subtilité par Naseeruddin Shah). Ce dernier va devoir faire face à l'opposition de moins en moins larvée des notables de la ville, qui n'ont aucune envie de voir la vérité éclater au grand jour, mais aussi au silence obstiné de son client, qui refuse de prononcer le moindre mot.

Un film de procès percutant, qui tient en haleine jusqu'à un dernier acte pour le moins inattendu. Un film bouleversant aussi, grâce à l'incroyable interprétation d'Om Puri dans un de ses meilleurs rôles.

18.7.12

Jour 6 - mon téléfilm préféré

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Je n'ai pas vu beaucoup de téléfilms indiens. En fait, je n'en ai vu qu'un. Mais même si j'en avais vu plus, il est très probable que Sadgati resterait en tête. 
Sadgati, ou Délivrance selon son titre français, est un film de 47 minutes réalisé pour la télévision publique indienne, une des rares œuvres en hindi de Satyajit Ray. 

Le film est actuellement sur youtube. En entier. Sous-titré.

Attention, nombreux spoilers ci-dessous.

Dukhi, de la caste des tanneurs, très pauvre et malade, doit marier sa fille. Il faut pour cela que la date du mariage soit fixée par quelqu'un qui ait les connaissances nécessaires en astrologie. Mais le brahmane que Dukhi sollicite n'a pas de temps pour lui, et le renvoie avec une série de corvées à effectuer, que Dukhi n'ose refuser. Il va trimer toute la journée, jusqu'à se tuer littéralement à la tâche. Un incident regrettable, sans plus, pour le brahmane et sa femme. Mais dans le quartier des tanneurs la révolte gronde : personne n'accepte de récupérer le corps, qui menace de souiller le puits du village.
Le brahmane se résout donc, de nuit, en prenant toutes les précautions possibles pour ne pas toucher le corps, à accomplir un des travaux les plus impurs qui soient, celui du fossoyeur.
Une dénonciation féroce de l'intouchabilité et de l'hypocrisie du système des castes.

Le cordon du brahmane, symbole de son statut, et la corde du fossoyeur se confondent dans un plan très fort.