4.2.21

Animal Crossing New Horizon Bollywood designs

0 commentaires

 J'ai finalement décidé de partager mes imitations de costumes de Rishi Kapoor (et un de SRK, saurez-vous reconnaître le film ?) sur la borne de motifs d'Animal Crossing. N'hésitez pas à commenter !












30.1.21

Animal Crossing à Bollywood

0 commentaires

Il y a peut-être (statistiquement, "sans doute" serait plus exact) des amateurs d'Animal Crossing New Horizon parmi mon petit nombre de lecteurs. 

C'est la première fois que je dessine un vêtement dans le jeu, c'est loin d'être parfait. Toutes les critiques et remarques sont les bienvenues ! Ce n'est pas facile de créé un vêtement "à l'indienne" sur des patrons conçus pour des robes de style occidental.




(la lisière orange en bas de la jupe est une erreur, je l'ai corrigée dans les patrons ci-dessous)

Si vous vous amusez à le reproduire, il faudra adapter la couleur de la peau (le col, le dos, la taille et  les avant-bras) à celle de votre personnage pour donner l'illusion que ces parties du corps ne sont pas couvertes.

 

 





En bonus, des pulls inspirés par Rishi Kapoor :

 




 
 
Et un hommage à Shahrukh :




14.11.20

Soorarai Pottru (2020)

0 commentaires

En raison de la pandémie actuelle, le film est sorti exclusivement sur Amazon Prime Video, la veille de Diwali, date généralement propice aux blockbusters.

Ça commence en fanfare, comme un film d'action hollywoodien, en un peu plus spectaculaire. Un avion interdit d’atterrissage risque d'être à court de carburant. Heureusement notre héros Maara (Suriya) est là : il enfourche sa moto et vole (c'est une image, quoique j'aurais bien aimé voir Suriya sur une moto volante) au secours de l'avion et de ses passagers. 

Flashback. Retour dans une petite ville du Tamil Nadu. Inversant la tradition, une jeune femme et sa famille viennent demander la main de Maara. L’héroïne, Bommi, est jouée par Aparna Balamurali. Au milieu d'actrices indiennes qui ont (presque) toutes des physiques similaires, son apparence fait du bien aux yeux.

Et son caractère fait du bien à mon petit cœur féministe : constatant qu'il veulent tous les deux monter une entreprise (elle de pâtisseries, lui d'aviation) et que cela occupe toute leur attention, elle refuse d'épouser Maara. Quand, une fois son business devenue rentable, elle se marie finalement avec lui, elle continue à braver les règles sociales en subvenant aux besoin du ménage. Car Maara n'a pas eu autant de succès.


Venu d'une petite ville, fils d'instituteur soucieux des autres et du bien commun (on nous dit qu' "il a dansé à tous les enterrements"), il a pourtant de grandes ambitions. Son plan, grossièrement, est de lancer une compagnie aérienne low cost, pour que tout un chacun puisse prendre l'avion. Il espérait le soutien de son idole, Paresh Goswami, un self-made man qui règne sur le monde de l'aviation civile en Inde. Mais Goswami, joué par Paresh Rawal, est une belle ordure qui non seulement ne l'aide pas mais lui met des bâtons dans les roues. Le genre de type qui ne supporte pas que les employés d'un hôtel utilisent les mêmes toilettes que les clients. Son pire cauchemar : devoir voyager avec des gens du peuple.


La vie de Maara et Bommi, ce couple peu commun, constitue l'arrière plan de l'intrigue principale : le héros du peuple parti de rien contre le méchant capitaliste (castéiste en plus). On voit Maara essuyer échec après échec et rebondir à chaque fois. Le film est inspiré d'une histoire vraie, je ne sais pas dans quelle mesure la scénariste-réalisatrice Sudha Kongara a pris des libertés avec la réalité (Maara ne cherche pas à faire du profit, mais simplement à aider le peuple. Je ne sais pas si son modèle est aussi altruiste). Ce qui est certain c'est que Sudha Kongara sait dramatiser un récit. Le bon côté, c'est qu'on est scotché devant son écran. Le mauvais, c'est un méchant assez caricatural, ainsi qu'une légère tendance au mélodrame (sur une séquence essentiellement, qui explique les motivations de Maara, et que je ne veux pas spoiler). 


La photographie est splendide, et le scénario arrive à faire se succéder les flash-back sur différentes étapes de la vie de Maara sans perdre le spectateur dans ces voyages dans le temps. Suriya est toujours aussi charismatique, et l'histoire d'amour, entremêlée à l'intrigue principale, fonctionne.


J'aime vraiment le personnage de Bommi, une femme à l'exact opposé des héroïnes timides et très puériles qu'on nous présente si souvent. Aparna Balamurali a certes 20 ans (!) de moins que Suriya, mais son personnage agit de façon mature que ce soit dans sa vie professionnelle ou dans sa vie privée.

Bref, bien qu'on se réjouisse de pouvoir le voir en France (en tamoul (la VO), en telugu, kannada et malayalam, on ne peut que regretter que ce film, qui a vraiment le potentiel pour être un gros succès, n'ait pas pu sortir dans les cinéma du monde entier. Je parie par ailleurs qu'il y aura un remake hindi sous peu !

17.10.20

Smita Patil (17 octobre 1955 - 13 décembre 1986)

0 commentaires

Smita Patil, qui aurait eu aujourd'hui 65 ans, est la fille d’un homme politique et d’une mère qui travaillait dans le social. Elle apprend à jouer dans des pièces de théâtre expérimental. Militante féministe, refusant de servir de faire-valoir à des stars masculines, elle a joué quelques-uns des rôles féminins les plus intéressants de l’époque. Elle interprète souvent des femmes du peuple au franc-parler cinglant et au sex-appeal naturel. C'est une figure essentielle de la "nouvelle vague" du cinéma Indien Sa vie privée fait la une de la presse people lorsque l’acteur Raj Babbar divorce pour l’épouser !


Un véritable scandale à l’époque. Elle meurt à trente et un an seulement, des suites d’un accouchement. Son fils, Prateik Babbar, est lui aussi acteur. (sur cette photo elle ressemble très fort à feu ma marraine, à chaque fois que je tombe dessus j'ai un petit pincement au cœur).

 

Ce qui est assez drôle, c'est qu'en France, où la culture sérieuse ne s'intéresse que sporadiquement au cinéma indien, son charisme n'est pas passé inaperçu : le critique Charles Tesson, qui l'interviewa, est ainsi clairement séduit (Cahiers du cinéma n° 320, février 1981). 

Son succès atteint le milieu cinéphile des Etats-Unis, où le critique Eliott Stein écrit « A vingt-cinq ans Smita est clairement la reine du cinéma parallèle indien, elle est une icône pour les cinéastes de ce milieu, au même titre qu'Anna Karina pour les jeunes réalisateurs français au début de leur nouvelle vague. Patil n'est pas une beauté classique mais elle resplendit. Elle ne joue jamais faux. »*

Son plus beau rôle à mes yeux : celui d’une actrice qui ne trouve pas sa place dans la société indienne dans Bhumika, de Shyam Benegal. Et ça tombe bien, Bhumika est sur Youtube avec des sous-titres anglais. On y trouve également le très bon Nishant.

 

* cité par Monojit Lahiri dans un article intitulé «A blazing talent remembered » publié par The Hindu, citation originale : « At 25 Smita is clearly the queen of Indian parallel cinema, as much an icon for film-makers of the milieu as was Anna Karina for young directors in France at the outset of their new wave. Patil is not a classic beauty but the lady glows. She never makes a false move on screen. » Traduit par mes soins 

15.7.20

Lamhe (1991)

0 commentaires
c'est juste le titre, mais je trouve ça beau

Aujourd'hui on parle de Lamhe, film de Yash Chopra, le roi des films d'amour, avec Anil Kapoor, Sridevi, encore Sridevi, Waheeda Rehman et Anupam Kher.

Viren, né en Angleterre, visite pour la première fois la terre de ses parents, accompagné de sa nourrice qui est comme une mère pour lui. Il tombe amoureux de Pallavi (Sridevi), qui danse sous la pluie.


Les superbes chorégraphies de Saroj Khan, récemment décédée

Mais Pallavi aime Siddharth. Viren les aide généreusement à se marier dans les meilleures conditions. Pallavi et Siddharth meurent le jour de la naissance de leur fille Pooja. Viren confie le bébé à sa nourrice et veille de loin à ce qu'elle ne manque de rien. Chaque année, il retourne en Inde pour l'anniversaire de la mort de Pallavi, et laisse un cadeau d'anniversaire à Pooja, sans jamais vouloir la rencontrer. A 18 ans, Pooja (Sridevi), devenue le portrait craché de sa mère, rencontre enfin son ange gardien sur qui elle a fantasmé  toutes ces années. C'est là que les problèmes commencent.


Pallavi et Siddharth. Il n'y a pas à dire, Yash Chopra sait filmer les scènes romantiques

Le premier quart d'heure insiste assez lourdement sur les valeurs des Rajputs et l'attachement à la terre du Rajasthan que Viren devrait ressentir. On peut penser que le film va tourner autour de la crise d'identité d'un NRI. Mais cette piste est vite oubliée, et sert surtout à montrer de beaux décors magnifiquement filmés, accompagnés de nombreuses et belles chorégraphies de Saroj Khan, récemment décédée.



C'est une très belle première partie. Visuellement, bien sûr (les costumes de Sridevi...), mais aussi parce que le personnage masculin accepte que son amour ne soit pas réciproque et ne harcèle pas sa bien-aimée, comme c'est si souvent le cas

La deuxième partie n'est pas aussi bonne malheureusement. Déjà parce qu'on nous impose un second rôle comique, Prem, joué par Anupam Kher (et ça fait bizarre de le voir jouer un personnage de l'âge du héros, lui qui a si souvent joué les pères). Malheureusement, le comique indien des années 1990s, ce n'est pas trop ma tasse de thé.

L'humour. 

Adieu aussi les beaux costumes, Pooja s'habille à l'occidentale (et à la mode de 1991... brrrr). Au début de cette seconde partie, pour mettre de bonne humeur Viren, Prem et Pooja interprètent de vieilles chansons hindi. C'est plaisant cinq minutes, mais la séquence s'éternise, et heureusement que Waheeda Rehman finit par reprendre "aaj phir jeene ki tamanna hai" (la fan girl que je suis est émue aux larmes) et évite ainsi que le spectateur ne s'endorme.

Une bonne nouvelle quand même : Viren prend l'attirance enfantine de Sridevi pour ce qu'elle est : une sorte de complexe d’œdipe inversé (attirance d'une petite fille pour une figure paternelle). Par ailleurs, il est toujours amoureux de Pallavi et n'a pas de place dans son cœur pour Pooja. La différence d'âge est soulignée (Anil a les cheveux grisonnant, Sridevi s'habille et se coiffe comme une gamine, met du rouge à lèvre rose bonbon, dort avec ses peluches). Bref, Viren et le spectateur sont tous les deux aussi gênés par les sentiments de Pooja. A cet égard, la fin tombe malheureusement comme un cheveux sur la soupe. Un cheveu qui met mal à l'aise en plus.



Pooja

Bref une deuxième partie moins dynamique, moins belle aussi, mais qui permet quand même à Anil Kapoor de montrer ses qualités d'acteurs. Au final, un film inégal, sauvé par une mise en scène splendide et une très bonne première partie.























3.7.20

Bulbbul (2020)

0 commentaires
Bengale, fin du 19e siècle. Une enfant, Bulbbul, est mariée à un adulte qui n'hésite pas à consommer le mariage sans attendre. Elle se lie d'amitié avec son jeune beau-frère, Satya, du même âge qu'elle, qui lui raconte des histoires de sorcières. Son mari a un jumeau, son cadet de peu, et la vie familiale est compliquée par la rivalité entre l'épouse plus âgée mais mariée à un homme légèrement plus jeune et Bulbbul, beaucoup plus jeune mais "BaDi Bahu", "première belle-fille", rôle éminent dans la maisonnée.

20 ans plus tard. De retour de Londres, Satya est surpris de voir le maître de maison absent, et son rôle assuré avec confiance par Bulbbul, qui prend des libertés inattendues. Dans le même temps, les morts violentes se multiplient, et les villageois accusent la sorcière.

C'est globalement un "Rape and Revenge" déguisé en film d'épouvante. Pas vraiment mon genre de films préféré. Mais ça se passe au Bengale, et j'aime bien les films qui se passent au Bengale, les superbes saris, les paysages...

Le scénario de ce court film (1h30) est pourtant plutôt bien construit avec ses flashback successifs sur la vie de Bulbbul, et les scènes de violence ne sont heureusement pas trop racoleuses. Peut-être parce que c'est une réalisatrice, Anvita Dutt, qui a fait ce film. Trois petits problèmes quand même : j'ai trouvée l'actrice principale, Tripti Dimri, ne jouait pas très juste.

Bulbbul
 
C'est dommage car le film est centré sur elle. Les effets spéciaux quand apparaît la sorcière sont au bord du ridicule (sauf quelques rares plans réussis) et cassent un peu l'effet d'épouvante. Enfin, il aurait fallu confisquer le filtre sépia dont Anvita Dutt abuse largement.



Du côté des acteurs masculins, Rahul Bose, seul nom que je connaissais, est bon, comme toujours. La révélation (à mes yeux), c'est Avinash Tiwary, qui joue Satya. Cela peut sembler un peu étrange, mais comme le film ne me passionnait pas vraiment (on devine en quelques instants qui est l'assassin), je me suis mise à l'imaginer en Heathcliff dans une adaptation indienne des Hauts de Hurlevent. Il serait parfait. Ce n'est pas le même genre de rôle mais je trouve qu'il a le visage idéal pour jouer le ténébreux anti-héros du roman.

Satya

Sur le plan culturel, j'ai appris quelques petites choses : que la bague d'orteil, par exemple, servait à contrôler la puissance latente des femmes en enfermant un nerf particulier. Et il se confirme que les cheveux détachées d'une femme sont la marque d'un pouvoir non contrôlé, et donc dangereux.


La sorcière

Bref, c'est pas franchement génial, mais ça change de voir de nouveaux visages et une histoire plutôt originale.

11.6.20

Ponmagal Vandhal (2020 - Tamoul)

0 commentaires
Quand  "A Jyothika and Surya production" apparaît à l'écran, le public (moi) frissonne, tant ce couple a marqué le cinéma tamoul. Peu importe que Surya ne soit pas dans ce film,et que le réalisateur, un nouveau venu (J. J. Frederick ), soit inconnu, cela réveille de bons souvenirs.


Un citoyen tamoul, Pethuraj, habitué des cours de justice (il a gagné un procès pour une mouche dans un thé), demande que soit portée devant la justice une affaire de meurtre d'enfants vieille de 15 ans. Une psychopathe d'Inde du Nord, Jothi, avait fini par être tuée par la police après avoir abattu deux jeunes gens qui cherchaient à sauver une de ses victimes.

C'est la fille de Pethuraj, Venba (Jyothika), dont c'est le premier procès, qui va défendre Jothi et tenter de réhabiliter son nom. Elle a face à elle un ténor du barreau à l'honnêteté douteuse. Ils vont s'affronter à coup de preuves pendant la moitié du film, jusqu'à ce que l'identité de Venba soit révélée : elle est la fille de Jothi (on s'en doutait un peu, puisque que Jothi est également jouée par Jyothika). Petit à petit, les véritables identités des personnages vont se révéler et faire efficacement avancer l'intrigue (malgré une révélation finale qui tombe à plat), et la rigueur des preuves va laisser place à l'émotion.

Car ce qui se révèle est une série de viols d'enfants suivis de meurtre, dont Venba est la seule survivante. Images de cadavres, sang sur les robes ..., le film donne alors un peu dans le racoleur.


et oui, y a du vomi...

Il est amusant que les quinze premières minutes de sa plaidoirie cherchent à prouver que Jothi n'était pas une Indienne du Nord (alors que l'actrice Jyothika n'est pas tamoule...). En effet les méchants des films tamouls sont si souvent du Nord, et les préjugés si tenaces, que le fait qu'elle soit en réalité tamoule affaiblit l'accusation.

La jeune femme, toujours meurtrie, est éloquente. A son adversaire qui lui recommande un psychiatre, elle répond :



"Si les femmes se battent pour la justice, avec courage et conviction, vous dites qu'elles sont folles"

"Si nous expliquons à la société d'une voix forte nos problèmes, vous dites que c'est du cinéma"

et souligne combien il est difficile pour les femmes victimes d'abus d'oser prendre la parole, par peur d'être traiter de folles, parce que leur seule preuve est leur parole. Cette partie du film donne à fond dans le mélo (l'on voit tout le public pleurer). Venba rappelle, comme les chiffres donnés à la fin du film (pendant que s'affiche le numéro d'assistance aux enfants en danger), que la majorité des agresseurs sont connus de leur victimes. Ce n'est pourtant pas le cas ici, et cela affaiblit assez fortement le message du film, qui veut faire œuvre de prévention ( en parlant de prévention, on voit d'ailleurs brièvement Venba, au début du film, expliquer à des écolier les endroits où ils ne doivent pas se laisser toucher).

Oh, et comme d'habitude,  le méchant avocat ne défend que des coupables, et la gentille ne prend la parole que parce qu'elle croit en l'innocence de sa mère. Ce serait un péché de simplement s'assoir au côté du défenseur d'une tueuse. Il faudrait expliquer un jour aux scénaristes que ce n'est pas "mal" pour un avocat de défendre un coupable. C'est aussi son taf, et la condition pour que la justice puisse être rendue équitablement.

Le film est efficace, bien qu'il fasse un peu dans le sensationnalisme. Je me rappelle de ces pas si vieux films tamouls, où une fin heureuse, pour une jeune fille violée, consistait à épouser son violeur (qui "répare" ainsi sa faute). Que de chemin parcouru...

6.6.20

OK Jaanu (2017)

0 commentaires
Je suis tombée dans le piège. J'ai tapé "Mani Ratnam" sur Prime Video, et ce titre est sorti en premier. Il y avait Aditya Roy Kapur et Naseeruddin Shah, ça me suffisait largement. En réalité, Mani Ratnam n'est que le scénariste de ce remake d'un film qu'il avait tourné en tamoul (ça aussi je l'ignorais). Et même si Naseer sahab est au top,

C'est 100% déception

Tara (Shraddha Kapoor) et Adi (Aditya Roy Kapur) se plaisent bien, mais font passer leur carrière en premier. Adi doit partir à L.A., et Tara à Paris. Au début, leur relation tient surtout de l'amourette. Ils décident de vivre ensemble, hors mariage, et sans projet matrimonial, ce qui choque un temps leur entourage, avant que Tara ne soit acceptée, y compris par le très strict juge (Naseeruddin Shah) chez qui ils vivent.

Et voilà la première partie. Un peu léger non ? J'apprends juste au passage que le sexe hors mariage est désormais assez toléré pour qu'on en fasse un film, mais encore assez problématique, justement, pour être le sujet du film. On découvre aussi que téléphoner à haute voix pendant une messe ne pose de problème à personne (et que Tara et Adi sont vraiment mal élevés — je ne suis pas souvent choquée, mais là je l'ai été)

Deuxième partie convenue : l'amourette se transforme en amour, dilemme entre carrière et cœur, sans surprise. Au mariage raté des parents de Tara s'oppose le couple formé par le juge et sa femme, atteinte d'Alzheimer, qui semblent toujours aussi amoureux qu'au premier jour. La maladie de Charu est un des rares ressorts dramatiques du film auxquels on s'intéresse.


Il n'y a de suspense que lorsque Tara fait des blagues douteuses à Adi (elle lui dit, en tout, qu'elle veut l'épouser, qu'elle est enceinte et qu'elle le quitte, pour plaisanter. Adi marche à chaque fois. Le spectateur nettement moins).

Ajoutons qu'Adi travaille dans une entreprise de jeux vidéos, où il présente sa "super idée de scénario" : un grand méchant enlève une jeune femme, le héros doit le battre pour la récupérer. Jamais vu de scénario plus banal, mais tout le monde autour de lui est ultra enthousiaste. On a donc le droit à des séquences animées pas particulièrement réussies façon GTA.

Je découvre Shraddha Kapoor dans ce film. Elle ne joue ni mieux ni moins bien que des dizaines d'actrices, mais me semble avoir le charisme d'une huître. Elle est comme ce film, totalement fade.

La musique d'A.R Rahman ressemble à ce qu'il fait depuis quelques années : sans intérêt, et sans inspiration (il reprend même une chanson de Bombay). Petit détail amusant, c'est un des rares films indiens où j'ai entendu des passages de musique classique européenne dans la bande originale. Une façon de dire la tension entre tradition et occidentalisation ? Vu le niveau du film, je pense que je surinterprète.


2.6.20

Aayitha Ezhuthu (2004 - Tamoul)

0 commentaires
Trois hommes qui se croisent sur un pont, trois minutes, les trois premières du film, qui résument les trois intrigues romantiques avec une fluidité remarquable : Inba (Madhavan) se demande s'il doit rester avec sa femme, Michael (Surya), voudrait que son amie vienne vivre chez lui hors mariage, et Arjun, de façon très mélodramatique, cherche à convaincre sa copine de ne pas le quitter. Et à la quatrième minute, Inba tire, trois fois, sur Michael.

Puis viennent les flashbacks.

La structure du film interroge : en général, chaque partie du film développe une intrigue, ou un aspect de l'intrigue, séparés entre eux par l'entracte. On aurait pu avoir en une première partie les flashbacks sur les personnages, puis le retour au présent dans la deuxième. Les "trois points" du titre, référence à une lettre de l'alphabet tamoule et qui suggèrent aussi bien les trois balles que se prend Michael que les trois personnages principaux, se seraient ainsi vus réunis par un montage parallèle en une même moitié de film. Ici, la première partie est constituée de la courte séquence d'introduction dans le présent, puis des histoires, en flashback, de Inba et Michael. Vient l'entracte, et le flashback d'Arjun , qui se trouve ainsi isolé, avant le retour au présent. Cette structure, qui met en valeur Arjun, en fait le personnage porteur du sujet du film : le jeune homme sans conviction qui va, peut-être, accepter de s'engager pour ses concitoyens.


 "je ne suis pas comme vous, je suis comme tout le monde, égoïste"

Présentons les trois personnages principaux : Inba, donc, le petit gangster qui se verrait bien plus grand, violent et sans scrupules, au service d'un homme politique véreux qui lui demande de calmer l'agitation étudiante contre les "pourris". Michael, le leader étudiant, galvanisant les foules et donnant de sa personne, pas si différent, dans son aspect brutal, d'Inba. Et Arjun, le dragueur, qui voit une amourette avec Meera (Trisha) se transformer en amour alors qu'il se prépare à partir étudier aux États-Unis et que Meera va bientôt se marier. Les trois flashbacks se terminent sur un retour à la case départ, à la première séquence, sur le pont. Les trois personnages vont bien sûr se rencontrer de nouveau, et Arjun va peut-être passer du statut de témoin (de l'attentat) à celui d'acteur. On n'en dira pas plus.

Les trois acteurs sont inégaux. Siddharth joue son rôle habituel de tombeur, c'est d'ailleurs lui qui a la seule "party song" (sans grand intérêt). Surya est assez décevant, essayant sans doute de montrer sa détermination en ayant la même expression pendant tout le film. Madhavan, en revanche, est exceptionnel de force brute et de charisme.

 
La scène où se décide, de façon assez originale, la place de chacun dans le petit monde de la prison par une partie de kabaddi

C'est bien filmé, mais pas aussi bien que d'autres films de Mani Ratnam. Les scènes de foules restent son point fort, elles sont toutes marquantes ; mais les scènes de rixes manquent de réalisme, sans atteindre pour autant les excès de certains films tamouls.

Le président de l'université contre la foule des étudiants

La musique d'A.R. Rahman est elle aussi légèrement décevante. Même la chanson censée motiver la jeunesse ("Yuva", titre de la version hindi du film), qui reprend le titre de l'hymne national, manque un peu de peps. Et on a la drôle d'impression que toute la jeunesse indienne est composée d'étudiants...


Les personnages féminins sont relativement développés, bien que l'une des trois femmes soit quand même presque présentée comme une récompense pour un des héros qui a fait le bon choix. Elles décident  toutes les trois de leur vie (lieu de résidence, décision sur un avortement...), sans en parler à leur compagnon. Sasi (Meera Jasmine) est la plus fouillée. Et l'on en vient au sujet qui fâche : son homme est violent, il la frappe, on le voit, fait assez rare pour être souligné, battre sa femme à l'écran, et pourtant leur relation est totalement romantisée. Ils ont plein de scènes mignonnes ou un peu coquines, comme si leur relation n'était pas foncièrement toxique. Ils sont filmés dans de jolies teintes chaudes et ont "la" chanson romantique du film, dans lequel Inba porte sa femme sous un parapluie, sous une pluie battante. Cela n'envoie pas vraiment le bon message.



Bref, le film, qui a été simultanément tourné en hindi avec Ajay Devgan (pas très convaincant en Michael), Abhishek Bachchan en gangster et Vivek Oberoi en Arjun, est légèrement décevant. Cependant, malgré mes réserves, je préfère la version tamoule, qui donne une impression d'authenticité que n'a pas Yuva (titre de la version en hindi)




bonus : Esha Deol et Surya parlent un peu français !