Je n'arrive pas à croire qu'il n'y a pas quelque part sur ce blog un petit article consacré à ce film. Je n'ai jamais autant versé de larmes au cinéma. Même si ce n'était pas un bon film (et ce l'est !) il mériterait un article pour cette raison.

Naina vit à New-York avec sa mère, sa petite sœur, son petit frère et sa grand-mère qui idolâtre ce dernier et déteste les deux autres. Entre les études, les disputes domestiques, le restaurant famillial qui bat de l'aile et les peines de cœur de sa voisine et amie, Naina n'a pas vraiment le temps de penser à elle, et encore moins d'avoir une vie sentimentale. Son meilleur ami Rohit, spécialiste des plans drague foireux, n'est pas d'un grand secours. Mais bientôt emménage dans son quartier Aman, qui décide d'être l'ange gardien de la famille...
Le réalisateur, Nikhil Advani, est l'ancien assistant de Karan Johar, et l'influence de celui-ci, producteur du film, est plus que sensible. Selon la bonne vieille recette de "KJo", Kal ho na ho ("Il n'y aura peut-être pas de lendemain") est un efficace mélange de comédie et de mélo, qui aurait pu être indigeste mais est sauvé par un rythme à tout épreuve. Le visuel, coloré, et moderne, est soigné, mais les amateurs de saris et de chorégraphies traditionnelles risquent d'être déçus. Ce qui n'empêche pas les chorégraphies en question d'être dynamiques et assez réjouissantes, malgré une musique un peu faible (à l'exception de la magnifique chanson titre interprétée par Sonu Nigam).

Les gags fusent, avec plus ou moins de succès, mais il y en a tellement que ce n'est pas grave s'il y a un peu de perte. L'un d'entre eux, un running gag sur la relation qu'entretiennent Aman et Rohit, franchement drôle, est remarquable par le regard certes humoristique, mais dénué de jugement, qu'il porte sur l'homosexualité, un sujet encore tabou en Inde. Mais ce qui fait le talent d'Advani et de Johar, c'est que, plus que le gag, on retient la belle amitié des deux personnages. Malentendus et quiproquos sont au cœur du film, ils sont les ressorts de la comédie mais aussi de la tragédie, qui tourne autour d'un fait qu'Aman croit devoir dissimuler, je n'en dirai pas plus.
Si comme dans de nombreux autres films, on a globalement la comédie dans la première partie et la tragédie dans la seconde, la coupure n'est pas brutale. La vie de Naina est loin d'être rose au début du film, les rapports familiaux sont même décrits d'une façon très dure, et à l'inverse, le personnage d'Aman, sorte d'Amélie Poulain infatigable, maintient toujours une lueur de joie et d'espoir. On ne sort pas du film démoralisé. C'est une très belle trouvaille cet Aman, personnage chez qui la bonne humeur est une éthique, mais qui voit ses principes vaciller lorsqu'il se surprend à aimer. On peut quand même trouver contestable son sacrifice, même s'il a en vue le bonheur de Naina : chers scénaristes indiens, ça vous tuerait, pour une fois, de laisser un personnage féminin décider lui-même de ce qu'il veut faire de sa vie ?

Shahrukh fait du Shahrukh puissance mille, allergiques à son jeu s'abstenir. Mais je ne vois personne d'autre qui réussisse en une minute à me faire rire et pleurer. Son personnage est entouré d'une aura religieuse assez incroyable : il apparaît de dos, sur un bateau, l'écharpe au vent, alors que Naina prie Dieu de lui envoyer un ange. Lorsqu'il arrive dans le quartier (sous la neige, alors qu'on est en plein été !) la petite famille est agenouillée, en prière. A ses côtés Saif Ali Khan et Preity Zinta ne déméritent pourtant pas.
Le film est édité par Bodega sous le titre New-York Masala. Il y a quelques bonus : karaoké, making off qui montre la quantité de travail nécessaire à la réalisation d'une chorégraphie. Sous-titres français professionnels, parfaitement compréhensibles, mais traduits de l'anglais et bourrés de calques, ça m'énerve vraiment (même s'il n'y a que moi que ça gêne).

Aman, Rohit et Naina
Naina vit à New-York avec sa mère, sa petite sœur, son petit frère et sa grand-mère qui idolâtre ce dernier et déteste les deux autres. Entre les études, les disputes domestiques, le restaurant famillial qui bat de l'aile et les peines de cœur de sa voisine et amie, Naina n'a pas vraiment le temps de penser à elle, et encore moins d'avoir une vie sentimentale. Son meilleur ami Rohit, spécialiste des plans drague foireux, n'est pas d'un grand secours. Mais bientôt emménage dans son quartier Aman, qui décide d'être l'ange gardien de la famille...
Le réalisateur, Nikhil Advani, est l'ancien assistant de Karan Johar, et l'influence de celui-ci, producteur du film, est plus que sensible. Selon la bonne vieille recette de "KJo", Kal ho na ho ("Il n'y aura peut-être pas de lendemain") est un efficace mélange de comédie et de mélo, qui aurait pu être indigeste mais est sauvé par un rythme à tout épreuve. Le visuel, coloré, et moderne, est soigné, mais les amateurs de saris et de chorégraphies traditionnelles risquent d'être déçus. Ce qui n'empêche pas les chorégraphies en question d'être dynamiques et assez réjouissantes, malgré une musique un peu faible (à l'exception de la magnifique chanson titre interprétée par Sonu Nigam).

Les gags fusent, avec plus ou moins de succès, mais il y en a tellement que ce n'est pas grave s'il y a un peu de perte. L'un d'entre eux, un running gag sur la relation qu'entretiennent Aman et Rohit, franchement drôle, est remarquable par le regard certes humoristique, mais dénué de jugement, qu'il porte sur l'homosexualité, un sujet encore tabou en Inde. Mais ce qui fait le talent d'Advani et de Johar, c'est que, plus que le gag, on retient la belle amitié des deux personnages. Malentendus et quiproquos sont au cœur du film, ils sont les ressorts de la comédie mais aussi de la tragédie, qui tourne autour d'un fait qu'Aman croit devoir dissimuler, je n'en dirai pas plus.
Si comme dans de nombreux autres films, on a globalement la comédie dans la première partie et la tragédie dans la seconde, la coupure n'est pas brutale. La vie de Naina est loin d'être rose au début du film, les rapports familiaux sont même décrits d'une façon très dure, et à l'inverse, le personnage d'Aman, sorte d'Amélie Poulain infatigable, maintient toujours une lueur de joie et d'espoir. On ne sort pas du film démoralisé. C'est une très belle trouvaille cet Aman, personnage chez qui la bonne humeur est une éthique, mais qui voit ses principes vaciller lorsqu'il se surprend à aimer. On peut quand même trouver contestable son sacrifice, même s'il a en vue le bonheur de Naina : chers scénaristes indiens, ça vous tuerait, pour une fois, de laisser un personnage féminin décider lui-même de ce qu'il veut faire de sa vie ?

Shahrukh fait du Shahrukh puissance mille, allergiques à son jeu s'abstenir. Mais je ne vois personne d'autre qui réussisse en une minute à me faire rire et pleurer. Son personnage est entouré d'une aura religieuse assez incroyable : il apparaît de dos, sur un bateau, l'écharpe au vent, alors que Naina prie Dieu de lui envoyer un ange. Lorsqu'il arrive dans le quartier (sous la neige, alors qu'on est en plein été !) la petite famille est agenouillée, en prière. A ses côtés Saif Ali Khan et Preity Zinta ne déméritent pourtant pas.
Pretty Woman
Le film est édité par Bodega sous le titre New-York Masala. Il y a quelques bonus : karaoké, making off qui montre la quantité de travail nécessaire à la réalisation d'une chorégraphie. Sous-titres français professionnels, parfaitement compréhensibles, mais traduits de l'anglais et bourrés de calques, ça m'énerve vraiment (même s'il n'y a que moi que ça gêne).