Raj (Ranbir Kapoor) est un Don Juan. Il séduit puis abandonne successivement une jeune femme souffrant de bovarysme profond lors d'un voyage en Suisse (Minissha Lamba) puis laisse en plan sur les marches de la mairie la femme avec qui il vit depuis 5 ans ("how cool !" comme il dit, de vivre ensemble sans être marié) (Bipasha Basu). Mais il finit par tomber amoureux de Gayatri, qui refuse de l'épouser.
Le pauvre chéri a le cœur brisé et se donne pour mission de se faire pardonner par ses deux premières conquêtes.
On va pas y aller par quatre chemin, c'est nul. Ranbir a le charisme d'une huître anémique et parmi les héroïnes seule Deepika s'en tire à peu près. Il faut dire que les personnages féminins n'ont aucune profondeur. Ils sont entièrement définis par leur rapport au héros, et leur psychisme marqué à vie par la rupture de leur relation. Passons sur la logique idiote et dangereuse qui veut que si un homme t'aime vraiment, il faut l'aimer en retour, si commune dans les films indiens et qui concerne ici le mari d'une des femmes.
Par ailleurs on met sur le même plan les actions de Raj, qui se comporte comme un salaud et ment éhontément à ses conquêtes, et celles de Gayatri, qui lui dit dès le début de leur relation qu'elle ne veut pas de mariage (évidemment, elle va changer d'avis, une femme qui ne veut pas se marier ça n'existe pas).
Je n'ai pas grand chose à en dire tant le film est sans intérêt. Les chorégraphies sont moches, et seules deux chansons restent en tête : Khuda Jaan et Jogi Mahi
Pour ceux qui ne connaîtraient pas, le principe des deux opus est globalement le même : un super flic, Jay Dixit (Abhishek Bachchan), aidé par un associé dont la loyauté n'est pas assurée (Uday Chopra cède ce rôle à Aisharya Rai dans le deuxième) pourchasse un voleur, joué par l'acteur le plus canon du moment (John Abraham dans le 1, Hrithik Roshan dans le 2). Et dans les deux cas, la présence de belles actrices (d'abord Rimi Sen et Esha Deol, puis Aish et Bipasha Basu) est censé conquérir un coeur de cible visiblement masculin.
Tout ceci est donc très formaté, mais ne marche pas aussi bien dans les deux films. Petite comparaison pour savoir lequel regarder pour se remettre des derniers exams de l'année, quand le cerveau n'est plus capable de faire le moindre effort.
Casting
Dhoom
les plus : Uday Chopra est supportable, et même plutôt pas mauvais. Je ne pensais pas écrire cela un jour. les moins : tout le reste.
Dhoom 2
les plus : Abhishek Bachchan est carrément meilleur ; je n'ai toujours pas la preuve que Hrithik sait jouer, mais ce type me fascine quand il danse ; Bipasha interprète avec beaucoup d'humour son double rôle. les moins : retour à la normale : Uday Chopra est insupportable. Mais Aish lui fait de la concurrence.
Musique
Pas terrible dans les deux cas, mais celle du deuxième est quand même meilleure.
Dhoom
les plus : Shikdum et Dilbara sont passables à la première écoute, mais le manque d'inspiration se fait vite sentir quand on les repasse les moins : tout le reste.
Dhoom 2
les plus : plus rythmée ; Dil Laga Na a une tonalité latino pas désagréable; le reste est efficace (certains diraient bourrin), sans plus. les moins :My name is Ali. Long et sans intérêt
Chorégraphies
Dhoom
les plus : celle de Dilbara est amusante, sans prétention.
les moins : celle de Dhoom Machale est vulgaire et vraiment pénible à regarder.
Dhoom 2
les plus : Hrithik, Hrithik et Hrithik - il est plus qu'impressionnant dans Dhoom Again ; Dil Laga Na et les couleurs du carnaval de Rio; Touch Me - Bipasha et Abhishek vont bien ensemble.
Dil Laga Na
les moins :My Name is Ali, centré sur Uday. Et Crazy Kya Re, qui met en scène Aish.
et une dernière catégorie sans laquelle aucune critique de Dhoom 1 et 2 ne saurait être complète:
degré de n'importe quoi
Dhoom : pas assez pour que ça soit drôle.
Dhoom 2 : maximal. Rien n'est crédible dans ce film. Les déguisements de Hrithik sont invraisemblables (il se fait des mèches blondes, et ça suffit pour que personne ne le reconnaisse ? eh, on parle de Hrithik Roshan quand même !!). Le réalisme des scènes d'action ou la vraisemblance psychologique des personnages semble avoir été le dernier des soucis de ceux qui ont fait ce film, qui assume sans complexe sa nature de pur divertissement. La première séquence sur la plage de Rio, quand arrive Bipasha avec maillot de bain et planche de surf assortis - rose bonbon - , est un grand moment. C'est cet humour volontiers auto-parodique (spoiler : Abhishek qui tire à pile ou face en disant à peu près "on va faire ce que mon père avait l'habitude de faire autrefois", lol) qui sauve le film et fait oublier les baisses de rythme.