Autant le dire tout de suite, je préfère Kamal l'acteur dans ses films plus anciens. Certains de ses choix les plus récents n'ont pas été à la hauteur de son talent. Il a néanmoins continué de jouer dans un certain nombre de films intéressants après 1990. Surtout, il a commencé à en réaliser, et s'est révélé aussi doué comme réalisateur que comme acteur.
1992 - Guna, de Santhana Bharathi, avec Roshini

Guna, un jeune homme mentalement dérangé, vit chez sa mère, tenancière d'une maison close. Obsédé par la déesse Abirami, il enlève une jeune femme qui lui semble en être l'incarnation. La réalisation est parfois brillante, mais Kamal cabotine méchamment (hé oui, ça lui arrive parfois), et je déteste les histoires dans lesquelles la jeune femme enlevée finit par réaliser que son ravisseur est l'homme de sa vie.
Le plan-séquence qui ouvre le film (dommage que l'image ne soit pas meilleure) :
Le plan-séquence qui ouvre le film (dommage que l'image ne soit pas meilleure) :
1996 - Indian, de Shankar, avec Manisha Koirala, Urmila Matondkar
Fable anti-corruption à grand spectacle qui ne m'a vraiment pas passionnée. Seuls de sympathiques chorégraphies et un très beau flashback, plein d'émotion et d'intensité dramatique, sauvent le film de l'ennui.
Fable anti-corruption à grand spectacle qui ne m'a vraiment pas passionnée. Seuls de sympathiques chorégraphies et un très beau flashback, plein d'émotion et d'intensité dramatique, sauvent le film de l'ennui.
2000 - Hey Ram, de et avec Kamal Hassan, scénario de Kamal Hassan, avec une distribution de dingue Vasundhara Das, Girish Karnad, Shah Rukh Khan, Atul Kulkarni, Hema Malini, Rani Mukerji, Om Puri, Naseeruddin Shah - tamoul/hindi
Hey Ram est un film extrêmement ambitieux, qui suit le cheminement d'un homme dont la femme est violée et assassinée lors du Direct Action Day de Calcutta et qui est recruté par des extrémistes hindous pour assassiner le Mahatma Gandhi, rendu responsable de son malheur. Un sujet sensible traité de façon très expressionnistes et avec beaucoup d'audace, et un rôle superbe pour Kamal dont le personnage ne cesse d'évoluer mentalement et physiquement.
La très belle "Hey Ram Symphony" (illustrée par quelques unes des hallucinations de Ram) :
La très belle "Hey Ram Symphony" (illustrée par quelques unes des hallucinations de Ram) :
2001 - Aalavandhan, de Suresh Krishna, avec Raveena Tandon, Manisha Koirala
Certainement pas le meilleur film de Kamal, mais sans aucun doute l'un des plus divertissants. Aalavandhan réussit parfaitement le mélange masala - film d'action à l'américaine. Kamal y joue un policier qui doit protéger son épouse de son propre frère jumeau psychopathe (joué aussi par Kamal). Le film réussit à être vraiment effrayant par moment, les nombreuses scènes d'action sont impressionnantes et inventives, et Kamal excelle dans deux registres différents (assez réaliste dans le rôle du policier, très cartoonesque dans celui de son frère).
Certainement pas le meilleur film de Kamal, mais sans aucun doute l'un des plus divertissants. Aalavandhan réussit parfaitement le mélange masala - film d'action à l'américaine. Kamal y joue un policier qui doit protéger son épouse de son propre frère jumeau psychopathe (joué aussi par Kamal). Le film réussit à être vraiment effrayant par moment, les nombreuses scènes d'action sont impressionnantes et inventives, et Kamal excelle dans deux registres différents (assez réaliste dans le rôle du policier, très cartoonesque dans celui de son frère).
2003 - Anbe Sivam, de Sundar C., avec Madhavan, Kiran Rathod, Santhana Bharathi

Anbe Sivam est le parcours initiatique de Anbarasu (Maddy), jeune publicitaire arrogant et égoïste forcé de voyager avec Nallasivam (Kamal), un militant communiste défiguré à la suite d'un accident. Ce n'est pas subtil pour deux sous, mais Madhavan est mignon comme tout, le personnage de Kamal très attachant, les personnages féminins ne sont pas juste des potiches décoratives, et le film est plein d'humour (drôle même quand on doit se fier aux sous-titres pour comprendre). Bref ça vaut le coup d’œil.

Le capitalisme expliqué par Kamal :

Anbe Sivam est le parcours initiatique de Anbarasu (Maddy), jeune publicitaire arrogant et égoïste forcé de voyager avec Nallasivam (Kamal), un militant communiste défiguré à la suite d'un accident. Ce n'est pas subtil pour deux sous, mais Madhavan est mignon comme tout, le personnage de Kamal très attachant, les personnages féminins ne sont pas juste des potiches décoratives, et le film est plein d'humour (drôle même quand on doit se fier aux sous-titres pour comprendre). Bref ça vaut le coup d’œil.

Le capitalisme expliqué par Kamal :
2004 - Virumandi - de Kamal Hassan, avec Nasser, Pasupathy, Napoleon

Une jeune femme qui réalise un film contre la peine de mort se rend dans une prison pour interviewer deux condamnés, Kothala Thevar (Pasupathy) et Virumaandi (Kamal). Il se trouve que les condamnations des deux hommes sont liées aux mêmes évènements. Ils vont tour à tour raconter leur version des faits. Comme Hey Ram, Virumaandi est un film ambitieux et surprenant, dans lequel des scènes d'une grande tendresse côtoient la plus extrême violence.
2006 - Vettaiyaadu Vilaiyaadu, de Gautham Menon avec Jyothika, Kamalinee Mukherjee, Prakash Raj
Raghavan (Kamal) est un policier, veuf, envoyé aux Etats-Unis pour enquêter sur un meurtre. Il y sauve une jeune femme, jouée par Jyothika, qui cherchait à mettre fin à ses jours car son mari l'a abandonnée. Bientôt Raghavan s'aperçoit qu'il est sur la piste d'un tueur en série.
Pas beaucoup de souvenirs de ce film vu il y a déjà longtemps. J'avais été choquée par la complaisance avec laquelle les tueurs étaient dépeints (ils ont droit à une choré, ce qui m'avait paru d'assez mauvais goût). Mais le souvenir le plus marquant reste l’atmosphère mélancolique - que j'ai depuis retrouvée dans les autres films de Gautham Menon, qui entoure ces deux personnages blessés. Jyothika est comme souvent très bien.
Raghavan (Kamal) est un policier, veuf, envoyé aux Etats-Unis pour enquêter sur un meurtre. Il y sauve une jeune femme, jouée par Jyothika, qui cherchait à mettre fin à ses jours car son mari l'a abandonnée. Bientôt Raghavan s'aperçoit qu'il est sur la piste d'un tueur en série.
Pas beaucoup de souvenirs de ce film vu il y a déjà longtemps. J'avais été choquée par la complaisance avec laquelle les tueurs étaient dépeints (ils ont droit à une choré, ce qui m'avait paru d'assez mauvais goût). Mais le souvenir le plus marquant reste l’atmosphère mélancolique - que j'ai depuis retrouvée dans les autres films de Gautham Menon, qui entoure ces deux personnages blessés. Jyothika est comme souvent très bien.
2008 - Dasavatharam, réalisé par K.S. Ravikumar, scénario de Kamal Hassan, avec Asin
Un film à gros budget, avec Kamal dans dix rôles différents (une femme, un tueur à gage américain, le président des Etats-unis, un chanteur de bhangra...), c'est tentant, non ? Sauf que l'histoire est sans intérêt (mais propose un traitement révolutionnaire du cancer de la gorge...), la musique de Himesh Reshammiya très mauvaise, les effets spéciaux pas du tout à la hauteur du budget, et les maquillages absolument pas crédibles. C'est vraiment du gâchis, car Kamal était clairement capable de jouer dix rôles différents sans recourir à un maquillage aussi lourd qui enlève toute expressivité à son visage. Bref un film très prétentieux à oublier très vite.